Par Joseph OLINGA N.
L’évocation était probablement la moins attendue lors de l’audience relative à la requête pour inegibilité du chef de l’État sortant, Paul Biya. Durant les débats engagés par les avocats des différentes parties, la nationalité de l’épouse du chef de l’État camerounais a fait irruption. Pour maître Ndocki Michèle, conseil du candidat du Parti Univers la nationalité française de la première dame camerounaise, Chantal Vigouroux Épouse Biya
“pourrait rendre inéligible le candidat Paul Biya, en raison d’une potentielle dépendance à l’égard d’une personne étrangère.”
Un argument porté en contradiction par le secrétaire général du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc).
Grégoire Owona a expliqué devant le Conseil constitutionnel que que Chantal Vigouroux Épouse Biya, la première dame camerounaise est de nationalité camerounaise. En posture de représentant du candidat du Rdpc au Conseil constitutionnel, Grégoire Owona a soutenu que la première dame camerounaise est certe française de par son père mais
“est de nationalité camerounaise de par son État civil.”
Les débats sur l’inégibilité du chef de l’État sortant et candidat du Rassemblement démocratique du peuple camerounais intègrent aussi la délégation permanente de signature usité par le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh. La détention de la délégation de signature accordée à Ferdinand Ngoh Ngoh a fondé le candidat du Parti Univers et ses conseils à argumenter que
“le président de la République est dans l’incapacité de gouverner.”
Un argument, lui aussi, contredit par la défense du chef de l’Etat sortant. Pour l’essentiel, le collège de défense de Paul Biya a soutenu que
“la délégation permanente de signature accordée au secrétaire général de la présidence de la République fait partie des prérogatives de sa fonction.”
L’évocation de la nationalité française de la première dame camerounaise, Chantal Vigouroux Épouse Biya et celle de la délégation permanente de signature accordée au secrétaire général de la présidence de la République sont liées à la requête introduite par l’ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats du barreau du Cameroun, maître Akere Muna par ailleurs candidat du Parti Univers à l’élection du 12 octobre prochain.
La requête introduite par maître Akere Muna est adossée à l’article 118 du Code électoral. Cette disposition de la Loi électorale énonce que
“Sont inéligibles les personnes qui, de leur propre fait, se sont placées dans une situation de dépendance ou d’intelligence vis-à-vis d’une personne, d’une organisation ou d’une puissance étrangère ou d’un État étranger.”
