Par Ilyass Chirac Poumie
Yaoundé, 26 septembre 2025 – Face à la montée inquiétante du tribalisme et des discriminations identitaires dans le débat politique camerounais, un collectif de jeunes issus des dix régions du pays a officialisé, sous le nom de Act-ed, une association de lutte contre ces fléaux. Dotée du récépissé n°001086/RDA/J06/A2/SAAJP/Bapp du 20 juin 2025, l’organisation a choisi l’ouverture de la campagne présidentielle comme moment symbolique pour lancer un appel solennel à la retenue.
« L’adversaire politique n’est point un ennemi à abattre, mais juste un compatriote à convaincre », rappelle ACT-ED dans son manifeste. L’association interpelle tour à tour les candidats et leurs partis, les institutions électorales, les médias, les autorités traditionnelles et religieuses, la société civile ainsi que les électeurs eux-mêmes, afin qu’aucun discours ni acte tribaliste ne vienne entacher le scrutin présidentiel du 12 octobre.
ACT-ED exhorte les candidats à sanctionner fermement tout collaborateur coupable de dérives identitaires et appelle Elections Cameroon (Elecam) à rester « au-dessus de la mêlée », loin de toute discrimination régionale. Les médias sont rappelés à leur responsabilité historique d’éclairer et d’éduquer, plutôt que de servir de caisse de résonance à la haine. Les chefs traditionnels et religieux, eux, sont invités à user de leur influence morale pour rappeler que les Camerounais, « d’où qu’ils viennent, sont tous frères et sœurs de la même terre ».
Enfin, ACT-ED demande aux citoyens de voter sur la base des idées et programmes, et non de la tribu ou de l’origine des candidats. « Il ne s’agit pas de ramener le pouvoir dans son village, mais de choisir celui ou celle qui apportera paix et prospérité », souligne le manifeste.
Le Cameroun, pays de 475.442 km² et mosaïque de plus de 250 ethnies, traverse à chaque période électorale une résurgence des tensions identitaires. L’élection présidentielle, considérée comme « la mère des élections », exacerbe ces clivages en raison des enjeux politiques et symboliques. Plusieurs observateurs redoutent que le scrutin du 12 octobre 2025, très disputé, ne soit marqué par des discours de division. Le manifeste d’ACT-ED, signé par dix de ses responsables, entend rappeler que le vivre-ensemble demeure l’impératif majeur au-dessus de toutes les ambitions partisanes.
