Par Ilyass Chirac Poumie
Le gouvernement camerounais hausse le ton face à la montée des tensions post-électorales. Dans un communiqué signé le 14 octobre 2025, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, accuse Issa Tchiroma Bakary d’avoir « violé les textes juridiques encadrant le processus électoral » en se proclamant vainqueur de la présidentielle du 12 octobre.
Le Minat qualifie cette initiative d’« imposture » et de « comportement irresponsable », accusant le candidat du Fsnc de chercher à « perturber le processus électoral » et à « mettre le Cameroun à feu et à sang » avec la complicité de « réseaux occultes locaux et étrangers ».
Le ministre rappelle qu’il avait déjà alerté, avant le scrutin, sur l’intention d’un candidat de se proclamer vainqueur de manière unilatérale. Il assure que le processus « se déroule normalement » et qu’il ira « à son terme conformément à la loi ».
Selon le communiqué, la Commission nationale de recensement général des votes sera mise en place « incessamment » par le Conseil électoral d’Elecam, avant la transmission du rapport final au Conseil constitutionnel, seul organe habilité à proclamer les résultats officiels.
Paul Atanga Nji ajoute que 5 575 observateurs nationaux et internationaux ont été déployés et qu’ils auraient conclu à un scrutin « sans incident majeur » et « globalement sincère ». Il promet que « l’ordre public sera assuré et renforcé sur l’ensemble du territoire » et prévient que l’attitude d’Issa Tchiroma « sera traitée avec rigueur et fermeté ».
Cette sortie du ministre intervient deux jours après la diffusion d’un message vidéo dans lequel Issa Tchiroma Bakary s’est déclaré vainqueur du scrutin présidentiel. Plusieurs figures politiques de l’opposition ont depuis reconnu sa victoire, tandis que des rapports de fraudes et d’irrégularités continuent d’émerger dans différentes régions.
La tension reste forte dans le pays, entre appels au calme du gouvernement et revendications de transparence de la part de l’opposition et de la société civile.
