Par Ilyass Chirac Poumie
À quelques mois du scrutin présidentiel, des fuites attribuées aux conseillers de Paul Biya font état de simulations internes sur les résultats possibles. Ces projections accorderaient 61 % des voix au chef de l’État sortant, 22 % à Bello Bouba Maïgari et 8 % à Issa Tchiroma Bakary. Les neuf autres candidats se partageraient les 9 % restants.
Ces chiffres, qui n’ont aucun caractère officiel, alimentent néanmoins les spéculations autour de la stratégie du camp présidentiel et de ses méthodes d’anticipation. Dans l’opinion, certains y voient une tentative de préparer psychologiquement le terrain, tandis que d’autres considèrent ces projections comme de simples exercices de communication politique.
Ces faits se produisent après la sortie du “Moulinex national”, Paul Atanga Nji qui préparait déjà l’opinion nationale sur la victoire de Paul Biya, en menaçant contre
“toute tentative de contestation illégale du résultat de l’élection au soir du 12 octobre.”
Le Cameroun se prépare à une élection présidentielle particulièrement scrutée, alors que Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, brigue un nouveau mandat. L’opposition, marquée par de multiples candidatures, peine à afficher une stratégie unitaire face au Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC). Les simulations internes, souvent utilisées par les équipes de campagne, n’ont pas de valeur légale et ne remplacent ni les sondages officiels ni les résultats proclamés par les institutions compétentes.
