Par Ilyass Chirac Poumie
À la veille du vote présidentiel du 12 octobre, l’ambiance est tendue dans plusieurs villes du Cameroun. De Douala à Garoua, en passant par Yaoundé, Bafoussam ou Bertoua, de longues files d’attente se forment devant les commerces, où les citoyens se précipitent pour faire des provisions. Riz, huile, eau minérale, bougies et autres produits de première nécessité se vendent à un rythme effréné, entraînant parfois des ruptures de stock temporaires.
Les commerçants confirment une affluence inhabituelle depuis vendredi soir.
“Les gens achètent comme si on entrait en confinement”,
confie une gérante de boutique à Yaoundé.
Plusieurs clients disent craindre des troubles post-électoraux, des restrictions de circulation ou même une coupure des services de communication.
Sur les réseaux sociaux, des messages appelant à “se préparer à toute éventualité” circulent largement, accentuant la fébrilité ambiante. Aucune mesure officielle de restriction n’a cependant été annoncée par le gouvernement, qui appelle au calme et à la participation citoyenne.
Le Cameroun s’apprête à élire son prochain président ce dimanche 12 octobre 2025, dans un contexte de forte tension politique et de méfiance entre pouvoir et opposition. Les derniers jours de campagne ont été marqués par des accusations de fraudes, des affrontements isolés et des appels à la vigilance citoyenne. Dans ce climat d’incertitude, une partie de la population préfère anticiper d’éventuelles perturbations en constituant des réserves alimentaires.
