Par Ilyass Chirac Poumie
La situation demeure extrêmement tendue à Madagascar, où une partie des forces armées a pris position ce samedi 11 octobre dans le centre d’Antananarivo. Dès la matinée, un groupe de militaires a diffusé un message appelant ses camarades à
« refuser d’obéir à des ordres illégaux » et à « prendre leurs responsabilités face à la crise politique ».
Des témoins font état de déploiements armés autour de bâtiments administratifs et de certaines zones stratégiques de la capitale. Des coups de feu sporadiques auraient été entendus près du quartier d’Ambohijatovo, sans qu’il soit possible de confirmer l’identité des belligérants. Les commerces ont été fermés et la circulation reste fortement perturbée dans plusieurs secteurs.Le gouvernement n’a pas encore communiqué officiellement sur la situation, mais des sources proches du palais présidentiel évoquent un contexte « sous contrôle », alors que des rumeurs persistantes font état de négociations en cours entre officiers supérieurs. Le sort du président Andry Rajoelina restait, en fin d’après-midi, entouré d’incertitude.
Cette mutinerie intervient dans un contexte de forte tension politique à Madagascar, marquée par des contestations autour de la légitimité du pouvoir et de la gestion économique du pays. Le président Andry Rajoelina, au pouvoir depuis 2019, fait face à une opposition de plus en plus virulente et à des divisions internes au sein de l’armée. Le souvenir du coup d’État de 2009, qui l’avait lui-même porté au pouvoir, alimente la crainte d’un nouveau basculement institutionnel dans la Grande Île.
