Avec Samuel Billong
Il y a une jurisprudence Upc des multiples investitures. Le Conseil Constitutionnel pouvait-il casser celle-ci sur les candidatures du Manidem. Oui. il est souverain. C’eût été alors une vraie fleur. Mais il ne l’a pas fait. Et d’aucuns y voient une décision politico-administrative. Il y a sans aucun doute un peu de mauvaise foi ou plutôt une vraie politisation de cette décision du Conseil Constitutionnel.
D’abord, l’erreur ne crée pas le droit. Manifestement, le Minat de bonne foi (ou plutôt de mauvaise foi) s’est trompé dans la désignation du Président du Manidem en 2018 comme pour les cas du Cpp et de l’Upc. On a beau citer les conditions d’investiture de l’unique conseiller municipal du Manidem, la destination des subventions étatiques, les participations aux rencontres Elecam…etc. Tout cela tombent s’il est établi que la destitution de Yebga s’est faite en violation des statuts du Manidem.
Ensuite, comment justifier qu’après avoir bénéficié du soutien de Yebga en 2018 au titre de son statut de Président du Manidem, les mêmes sollicitent en 2025 le soutien d’Ekane au même titre ? Il y a là, en plus de la validation inconséquente des manœuvres du Minat, à la fois une vraie imprudence et un défaut d’élégance politique qui aurait pu être comblés par une démarche préalable de réconciliation au sein du Manidem. Ne pas avoir associer Yebga d’une manière ou d’une autre dans la quête de l’investiture du Manidem a très bien pu être ressenti par ce dernier comme une vraie trahison au regard de son choix de 2018.
Enfin et certainement l’essentiel c’est le faisceau des lois relatives à la gestion des élections en l’occurrence le Code électoral et la loi sur le fonctionnement du Conseil Constitutionnel. L’article 121 du code électoral sur les investitures est anti-démocratique sur les candidatures portées par les partis politiques, anachronique sur sa disposition visant les candidatures indépendantes et même anticonstitutionnel tel que nous l’avons démontré dans notre requête en août 2023 devant le Conseil Constitutionnelle. La loi sur le fonctionnement du Conseil Constitutionnel ne permet quasiment pas le contrôle à posteriori de la constitutionnalité des lois…un vrai paradoxe à se demander à quoi sert le Conseil Constitutionnelle.
C’est dire qu’au-delà des choix et stratégies individuels questionnables, des manœuvres politiciennes d’exclusion qui ne surprenent que les naïfs, le défaut d’inclusivité de l’élection présidentielle 2025 avec l’absence regrettable de certaines candidatures attendues trouve essentiellement sa réponse dans la qualité (plutôt la mauvaise qualité) de la loi électorale. Tous ceux qui veulent escamoter le combat pour l’amélioration du Code électoral en faisait passer au premier plan leurs ambitions partisanes ou individuelles se trompent sans aucun doute et n’aident pas à l’enracinement des valeurs démocratiques dans notre pays. Cela étant, il faut apprendre à dire la vérité au Camerounais…et à toujours prendre sa part de responsabilité. Éduquer et non pousser chaque jour un peu plus dans l’abrutissement des masses!
