Par Éric Boniface Tchouakeu
Cette dernière instance avait alors préalablement reçu 83 dossiers de candidatures. Et il faut relever que la plupart des recours demandaient la réhabilitation des candidatures rejetées par le Conseil Electoral d’Elecam et quelques-uns, réclamaient aux 11 juges du Conseil Constitutionnel, de rejeter certaines candidatures validées par Elecam.
Et dans cette dernière catégorie, seul le recours pour le rejet de la candidature de Hilaire Nzipan, retenu dans un premier temps par Elecam pour le compte du Mouvement Progressiste en proie à une querelle interne de leadership a pu prospérer.
Par contre, le Conseil Constitutionnel n’a réhabilité aucune candidature rejetée au niveau de l’organe électoral. C’est ainsi que la candidature du principal opposant Maurice Kamto, écarté de la course à la présidentielle par l’organisme chargé de la gestion du processus électoral au motif de « pluralité d’investiture par le Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie (Manidem) », le parti politique qui l’a investi, n’a pas été réhabilité. Le Conseil Constitutionnel a jugé infondé son recours.
Dieudonné Yebga pour sa part, qui s’était auto investi à la présidentielle comme Maurice Kamto sous la bannière du Manidem, dont il revendique le leadership, avait aussi saisi le Conseil Constitutionnel, pour réclamer la réhabilitation de sa candidature, elle aussi écartée par Elecam, mais sans succès.
Maurice Kamto en guise de réaction diffusée dans une vidéo sur les réseaux sociaux le 07 août 2025, dénonce dans son cas, une décision politique d’un régime « sans vision » pour le Cameroun et annonce à ses partisans que la lutte continue.
Il n’a cependant pas indiqué comment il comptait poursuivre la lutte pour l’avènement d’un changement de régime au Cameroun. Mais il y a déjà lieu de relever que plusieurs options s’offrent à lui relativement au scrutin présidentiel à venir.
Il peut dans la suite d’une certaine logique qu’il a plus ou moins mis en exergue avec ses récentes demandes sans suite à Elections Cameroon et au Conseil Constitutionnel s’agissant par exemple de la publication de la liste électorale nationale, appeler ses partisans à boycotter l’élection pour décrédibiliser davantage le processus électoral en cours.
Maurice Kamto peut aussi appeler à des manifestations pour protester contre la mise à l’écart de sa candidature.
Ces deux premières hypothèses semblent improbables à l’heure actuelle.
L’option la plus réaliste qui s’offre à Maurice Kamto, est le choix de soutenir l’un des onze (11) candidats de l’opposition en lice pour le scrutin du 12 octobre 2025.
Celui sur qui son choix se porterait, deviendrait indubitablement le principal adversaire du Président sortant Paul Biya, déjà 43 ans ininterrompus au pouvoir, et aujourd’hui âgé de 92 ans.
Les choses ne pourraient en être ainsi que si Maurice Kamto s’implique personnellement dans une campagne de remobilisation de sa base électorale, car nombreux de ses partisans sont démoralisés, et pourraient s’abstenir suite à la mise à l’écart de la future présidentielle, de celui pour qui , ils comptaient initialement voter.
