Par Sandra Embollo
Jean-Pierre Bekolo publie une tribune sans concession intitulée « Ne jure pas » dans laquelle il reproche au président Paul Biya d’utiliser le serment présidentiel comme un « rite d’auto-adoration » et d’invoquer Dieu « en vain » alors que, selon lui, la réalité nationale dément les promesses solennelles prononcées depuis 1982. L’auteur fustige la dissonance entre les paroles du président — fidélité à la Constitution, promotion du bien commun, défense de l’unité nationale — et ce qu’il décrit comme un État marqué par la prédation, la pauvreté et l’affaiblissement des institutions.
Bekolo va plus loin en demandant que Paul Biya se taise plutôt que de profaner la parole publique et conclut sa tribune par un ultime appel : « Ne jure plus, ou plutôt : jure que tu t’en vas ». Le texte prend place dans un contexte d’intenses débats sur la légitimité de la récente élection présidentielle et de la cérémonie d’investiture, critiquées par plusieurs voix nationales et diasporiques.
La publication intervient alors que les autorités procèdent à la préparation formelle de l’investiture, événement pour lequel des commémorations officielles — dont des salves de canon — ont été annoncées, et qui a ravivé les critiques sur la longévité du pouvoir et le fossé entre les engagements constitutionnels et la situation du pays.
La prise de position de Jean-Pierre Bekolo s’inscrit dans une série d’interventions publiques du cinéaste contre la candidature et la longévité au pouvoir de Paul Biya, déjà exprimées à plusieurs reprises au cours de la campagne et de la période post-électorale. Depuis l’annonce des résultats du 12 octobre 2025, la scène politique camerounaise est marquée par des contestations, des appels à la reconnaissance internationale d’autres acteurs et des dénonciations de fraudes et de répression. Pour en savoir plus : lire la tribune intégrale de Jean-Pierre Bekolo et les communiqués des différentes organisations de la société civile et de la diaspora.
