Par Ilyass Chirac Poumie
Depuis plusieurs heures, une rumeur persistante circule sur les réseaux sociaux, affirmant qu’Issa Tchiroma Bakary, président du Front pour le Salut National du Cameroun (Fsnc), aurait été arrêté au Nigeria par la Direction Générale de la Recherche Extérieure (Dgre) avant d’être extradé vers Yaoundé. L’information, non confirmée par les autorités, a suscité de vives réactions dans la sphère politique et sur les plateformes en ligne.
Sur sa page Facebook, l’activiste camerounais Sikadi Berty le Kamit, connu pour ses prises de position anti-Biya, a catégoriquement démenti cette allégation. Dans un long message publié dans la nuit de jeudi à vendredi, il affirme que Tchiroma n’a pas été arrêté et qu’il bénéficie au Nigeria de soutiens influents, notamment celui du sultan de Sokoto, Muhammad Saad Abubakar, figure religieuse et politique de premier plan.
Selon ce message, le choix du Nigeria comme lieu de refuge par Tchiroma « répond à une stratégie mûrement réfléchie », compte tenu des liens historiques, culturels et spirituels entre le Nord du Cameroun et le Nord du Nigeria. L’activiste souligne également que le sultan de Sokoto — présenté comme « un monstre discret » doté d’un immense pouvoir d’influence — aurait déjà pesé sur des décisions politiques majeures dans la région, notamment face au président nigérian Bola Tinubu.
Sikadi Berty appelle les Camerounais à ne pas croire à une « manipulation grossière » et affirme que le leader du Fsnc reste déterminé à poursuivre sa lutte politique, sans céder aux pressions du régime de Yaoundé.
À ce stade, aucune source officielle, ni au Cameroun ni au Nigeria, n’a confirmé l’arrestation ou la présence d’Issa Tchiroma sur le territoire nigérian. Les observateurs appellent donc à la prudence face à une information dont l’origine reste incertaine. Issa Tchiroma Bakary, président du Fsnc et ancien ministre de la Communication, a revendiqué sa victoire à la présidentielle du 12 octobre 2025, dans un contexte électoral marqué par des contestations massives et des violences post-électorales.
Figure politique originaire du Nord du Cameroun, il s’est positionné comme l’un des principaux rivaux de Paul Biya. Depuis la prestation de serment du président sortant, plusieurs rumeurs circulent sur son sort, alimentées par un climat de tension et de méfiance généralisée.
