Par Sandra Embollo
Dans un communiqué publié depuis Foumban ce 6 novembre 2025, l’Union Démocratique du Cameroun (Udc), dirigée par Tomaino Ndam Njoya, a réagi avec fermeté au discours d’investiture du président Paul Biya. Le parti conteste la légitimité du scrutin du 12 octobre, qu’il qualifie de « confisqué » et « entaché d’irrégularités massives ».
Répondant point par point aux déclarations du chef de l’État, l’Udc dénonce ce qu’elle considère comme une manipulation du concept de « maturité démocratique » du peuple camerounais. Selon la formation politique, cette maturité s’est traduite non par un vote libre, mais par la constatation d’un processus verrouillé.
Sur l’appel au rassemblement lancé par Paul Biya, le parti estime qu’« aucun rassemblement sincère ne peut naître du mensonge électoral ». Il réclame une réconciliation nationale fondée sur la vérité, la justice et la réforme du système électoral et constitutionnel.
L’Udc critique également les promesses répétées en faveur de la jeunesse et des femmes, évoquant « quarante ans de discours sans effet concret » et rappelant l’absence d’un code de la famille et des personnes.
Concernant la stabilité et la paix, le parti de Foumban avertit que « la paix véritable ne peut reposer sur la peur », appelant à un dialogue national inclusif, loin des « simulacres organisés pour apaiser sans résoudre ».
Enfin, Tomaino Ndam Njoya rejette catégoriquement les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel et qualifie de « cynique » la présentation de Paul Biya comme « vainqueur du peuple ». L’UDC exige un changement immédiat de la Constitution, du Code électoral, et une réforme institutionnelle garantissant la séparation des pouvoirs. Fondée par Adamou Ndam Njoya, l’Udc s’est toujours positionnée comme une force d’opposition modérée et légaliste. Fidèle à sa ligne de vérité et de justice, le parti prône un État de droit basé sur la transparence électorale. Cette sortie marque l’une de ses prises de position les plus tranchées depuis le début de la crise post-électorale de 2025, dans un contexte où plusieurs formations politiques contestent encore la réélection de Paul Biya.
