Par Sandra Embollo
Réunis en plénière le 23 mars 2026, les députés camerounais ont entamé la discussion générale autour du projet de loi n°2092/PJL/AN visant à proroger leur mandat du 31 mars au 20 décembre 2026. Une initiative portée par le gouvernement et examinée sous la présidence de l’Assemblée nationale du Cameroun. Prenant la parole au nom des députés de l’Union Démocratique du Cameroun, l’honorable Mbouangouere Rainatiou a vivement critiqué les motivations avancées par l’exécutif. Si la conformité constitutionnelle du texte, notamment à l’article 15 alinéa 4, n’est pas remise en cause, l’élue estime en revanche que les raisons invoquées par le gouvernement sont “impertinentes” et déconnectées des attentes du peuple camerounais.
Parmi les arguments avancés par l’exécutif figurent des contraintes financières ainsi que les dommages subis par certaines infrastructures de Elections Cameroon à la suite de la crise post-électorale d’octobre 2025. Des justifications rejetées par l’Udc, qui souligne l’absence de données précises sur l’ampleur des dégâts et rappelle que ces structures sont pour la plupart des locaux loués.
L’opposition s’interroge également sur la cohérence des priorités gouvernementales, pointant des dépenses jugées non essentielles, telles que l’organisation d’événements internationaux, alors même que le respect du calendrier électoral est compromis.
Pour l’Udc, la seule raison valable pouvant justifier un report des élections réside dans une réforme en profondeur du système électoral camerounais. Le parti appelle à une refonte consensuelle des règles du jeu démocratique afin d’éviter la répétition des crises post-électorales.
Dans un ton offensif, les députés dénoncent ce qu’ils qualifient de “manipulation politicienne du calendrier électoral” à des fins partisanes. Ils appellent, en conséquence, au rejet pur et simple du projet de loi, estimant qu’un tel vote serait conforme à l’intérêt national et au respect des principes démocratiques.
Au Cameroun, les prorogations de mandats électifs ne sont pas inédites et interviennent généralement dans des contextes de tensions politiques ou de contraintes logistiques. Le rôle de Elections Cameroon est central dans l’organisation des scrutins, bien que son indépendance soit régulièrement contestée par une partie de l’opposition et de la société civile.
L’Union Démocratique du Cameroun se positionne comme une voix critique face au pouvoir en place, plaidant de longue date pour des réformes électorales visant à garantir davantage de transparence et de crédibilité aux processus électoraux dans le pays.
