Par Joseph OLINGA N.
A Yaoundé, pas de manifestations de joie après la prestation de serment de Paul Biya, le chef de l’État déclaré élu par le Conseil constitutionnel.Les attentions sont orientées sur deux pôles.
D’abord vers la constitution du nouveau gouvernement que le chef de l’État qui vient de prêter serment pourrait rendre public dans les heures ou les jours qui suivent, selon des sources crédibles. Une éventualité fort attendue puisqu’elle a pour objectif de conforter la légitimité du président qui vient de s’engager pour un huitième mandat consécutif depuis son accession au pouvoir le 06 novembre 1982. Une sorte d’assurance que le chef de l’État âgé de 92 ans entend donner à une communauté internationale qui le boude, autant qu’une frange importante de la population à travers le pays.
Fragile accalmie
Dans le sérail camerounais, l’on sait qu’un facteur craint par tous pourrait fragiliser la stratégie adoptée par le chef de l’État et ses proches. Si le gouvernement préparé par Paul Biya signifie pour nombre de ministres désaveu et règlements de comptes orchestrés par le cercle qui tient les rênes du pouvoir, celui annoncé par Issa Tchiroma Bakary viendra clairement matérialiser les factions existantes dans le sérail camerounais malgré la relative accalmie que connaît Yaoundé.
Les observateurs avertis du contexte camerounais ne manquent pas de rappeler que la promulgation d’un gouvernement par Issa Tchiroma va accélérer la flamme latente qui se consume au sein des cercles du pouvoir. L’évocation de certains noms dans le gouvernement Tchiroma sera la confirmation que la victoire annoncée de Paul Biya à l’élection présidentielle du 12 octobre dernier n’est pas acceptée par tous.
Au-delà des cercles du pouvoir où l’on note une frénésie certaine, l’annonce d’un gouvernement signé du principal adversaire de Paul Biya lors de la présidentielle du 12 octobre dernier va indubitablement donner un nouveau souffle à la contestation populaire qui entoure la réélection de Paul Biya proclamée par le Conseil constitutionnel et dénoncée par une frange importante de la population. Dans les cercles du pouvoir, l’on sait que la relative accalmie observé depuis quelques jours est bien fragile.
L’appréhension est d’autant plus grande que l’appel aux villes mortes énoncé par Issa Tchiroma a connu un succès reconnu par les observateurs qui y lisent une adhésion des masses populaires qui n’ont pas flanché devant des autorités administratives pourtant descendues dans les marchés et les rues pour tordre le cou à un mouvement qui semblait concerté.
