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Cameroun | Visite du Pape Léon XIV: Le Redhac et Ndh sollicitent l’intercession du Saint-Père afin de soutenir l’idée de la mise en place d’une Commission Vérité-Justice et Réconciliation

Dans un document intitulé "Plaidoyer pour la cohésion sociale, la paix et la réconciliation", Maximilienne Ngo Mbe, directrice exécutive du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac), et Cyrille Rolande Bechon, directrice exécutive de Nouveaux droits de l'homme (Ndh) attirent l'attention du souverain pontife sur la situation préoccupante que traverse le Cameroun, laquelle est marquée par des crises multiples et persistantes qui fragilisent le tissu social et humain.

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Par Serge Aimé BIKOI

Le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac) et Nouveaux droits de l’homme (Ndh), deux organisations internationales de défense des droits humains, font, d’emblée, le constat selon lequel Le Cameroun fait face, depuis 2016, à une crise sécuritaire qui sévit dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, où les violences armées, les déplacements forcés et les violations des droits humains continuent d’affecter gravement les populations civiles.

“Dix ans plus tard, indiquent Maximilienne Ngo Mbe et Cyrille Rolande Bechon, les séparatistes armés continuent de réclamer un territoire indépendant appelé “Ambazonie”. Des groupes de surveillance des droits humains réputés documentent des crimes de guerre perpétrés en toute impunité par toutes les parties. L’Onu(Organisation des nations unies) estime qu’au moins 334.000 personnes sont déplacées à l’intérieur du pays (beaucoup vivant dans des conditions précaires dans la brousse) ; plus de 6.500
personnes ont été tuées et au moins 76.000 personnes sont réfugiées au Nigeria”.

À cela, le Redhac et Ndh ajoutent la crise sécuritaire dans la région de l’Extrême-Nord, en proie aux attaques récurrentes de groupes armés, notamment liés à la secte islamiste et terroriste Boko Haram depuis 2013, plongeant des milliers de familles dans la peur, l’angoisse existentielle et la précarité.

“Plus récemment, illustrent les deux femmes leaders de la société civile, la crise post-électorale de 2025 a exacerbé les tensions politiques et sociales, un président d’un parti politique de l’opposition, le Manidem(Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie), est décédé en détention au centre médical de la gendarmerie nationale, le nommé Georges Anicet Ekane, plus de 2500 personnes sont écrouées dans les prisons camerounaises, (la plupart sont les jeunes âgées de 14 à 30 ans), des dizaines de Camerounais ont été
assassinés par l’armée”.

Par ailleurs, ces organisations internationales de défense des droits humains ont observé des casses dans des villes camerounaises, ainsi que la destruction des biens publics
et privés. Les journalistes et les défenseurs des droits humains, surtout les femmes sont régulièrement menacé(e)s, leurs activités sont criminalisées avec comme épée
de Damoclès l’utilisation de la loi antiterroriste de 2014, qui est brandie contre les membres des partis de l’opposition, les journalistes et les défenseurs des droits humains. Depuis plus de deux ans, les populations locales assistent, impuissantes, à des cas récurrents, voire recrudescents de féminicides, d’infanticides et d’homicides. La misère sociale est palpable et décime les populations alors que les détournements de deniers publics
se passent dans une impunité totale, ravivant les fractures au sein de la société
camerounaise contemporaine et renforçant le sentiment d’injustice et de marginalisation chez de nombreux citoyens.

Face à cette accumulation de souffrances et de divisions, le Redhac et Ndh appellent, de toute urgence, “à ouvrir un espace de vérité, de justice et de guérison collective”. C’est dans ce contexte que M. Ngo Mbe et C.R. Bechon requièrent l’autorité morale et spirituelle Pape Léon XIV afin de soutenir activement l’initiative de mise en place d’une Commission Vérité, Justice et
Réconciliation au Cameroun. “Une telle commission, soutiennent les deux femmes leaders de la société civile, offrira une plateforme essentielle pour :

  1. Reconnaître les souffrances des victimes.
  2. Établir les responsabilités dans un esprit de justice.
  3. Favoriser le pardon et la réconciliation nationale.
  4. Prévenir la répétition des violences.
  5. Régler la crise anglophone avec pertinence.”

Les directrices exécutives du Redhac et de Ndh concluent à la thèse selon laquelle “la voix de Sa Sainteté, le Pape Léon XIV, porteuse d’espérance et de paix, peut contribuer, de manière déterminante, à encourager les autorités camerounaises, les acteurs politiques, la société civile et les communautés religieuses à s’engager, résolument, dans ce processus de réconciliation durable”.
Aussi cette visite papale constitue-t-elle une occasion historique d’insuffler un nouvel élan vers la paix, en appelant à un dialogue inclusif, sincère et orienté vers l’avenir.

Ces entrepreneures sociales prient, humblement, le Souverain pontife de plaider en faveur de cette démarche
essentielle pour restaurer la dignité, la cohésion sociale et la paix au Cameroun. C’est, naturellement, dans l’espérance que son message saura toucher les cœurs et ouvrir des chemins de réconciliation.

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