Par Mon’Esse
La croissance devrait ralentir en 2027 au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), en dépit de la remarquable résilience des Etats, selon les prévisions de la Banque centrale (Beac).
Selon le rapport sur la politique monétaire, consulté vendredi par la rédaction, les coûts de financement au sein de la communauté demeurent très élevés, ce qui a pour effet de limiter, voire restreindre l’accès au financement pour de nombreuses entreprises et réduire significativement la rentabilité de certains investissements.
Sur cette base, le Comité de politique monétaire (CPM) de la Beac a décidé d’abaisser le taux d’intérêt des appels d’offres à 4,50% au lieu de 4,75%, et le taux de la facilité de prêt marginal à 5,75% au lieu de 6,25%.
Dans le même temps, les coefficients des réserves obligatoires reviennent à 6,50%, après 7% sur les exigibilités à vue et à 4%, après de 4,50% sur les exigibilités à terme.
Le CPM a, en revanche, décidé de maintenir le taux de la facilité de dépôt à 0%, la BEAC restant toutefois vigilante aux évolutions exogènes qui pourraient impacter négativement ses trajectoires prévisionnelles du cadre macroéconomique, et se tenant prête à adopter une orientation appropriée si nécessaire dans le futur.
Pour le 2ème trimestre de l’année en cours, l’Institut d’émission constate que l’indice composite des activités économiques (Icae) a progressé de 4,9% en glissement annuel, comme les 3 mois d’avant, mais en net ralentissement par rapport au premier trimestre 2025 (9,0%), un tassement qui s’explique par une moindre impulsion du secteur public, et ce malgré le dynamisme du secteur privé.
S’agissant des prix, l’inflation dans la Cemac est restée sous la norme communautaire de 3%, revenant de 4% en mars 2025 à 1,4% en mars 2026 (après 2% en décembre 2025).
En glissement annuel, le taux d’inflation a reculé à 1% en mars 2026, contre 3,1% un an auparavant, mais en légère hausse par rapport à 0,6% en décembre 2025.
La Beac explique la décélération de l’inflation par la poursuite des bonnes campagnes agricoles au Cameroun et au Tchad, pour les cultures vivrières, conjuguée avec le maintien des mesures de lutte contre la vie chère et la poursuite du gel des prix à la pompe dans la plupart des pays de la Cemac.
En glissement annuel, l’inflation sous-jacente est revenue à 0,9%, contre 2,3% en mars 2025, une évolution qui traduit l’absence de tensions sur la demande intérieure et montre que les effets de second tour des chocs passés (énergie, fret) sont désormais bien absorbés.
À fin avril, les réserves de change de la Beac se sont en outre élevées à 7 248 milliards, en baisse de 1,6% en glissement annuel, une évolution résultant principalement de la forte demande de devises liée aux importations de biens d’équipement, de produits énergétiques et alimentaires ainsi qu’aux transferts effectués par les entreprises et les Etats de la sous-région au titre du service de la dette extérieure.
S’agissant du système bancaire, l’excédent de trésorerie des banques sous-régionales est ressorti à 7 737 milliards (27% du total du bilan) au 31 mars, et la qualité du portefeuille de crédits des banques s’est améliorée de 1,8 point de pourcentage sur un an, avec un taux des créances en souffrance revenu à 15,68% des crédits bruts, contre 17,45% en 2025.
Sur la période allant de février à mai, la dynamique du marché monétaire a été marquée par une augmentation des activités sur les différents compartiments.
S’agissant des activités boursières sous-régionales, elles se sont traduites, entre mars 2025 et mars 2026, par la baisse de la capitalisation boursière de l’ensemble des titres cotés, la diminution des volumes et des valeurs pour les opérations franco et l’augmentation des nantissements.
La capitalisation boursière de l’ensemble des titres cotés a ainsi reculé de 8,8% à 1 582,7 milliards en mars 2026, contre 1 736,3 milliards un an auparavant.
