Par Cynthia Konan Tawa
Après plusieurs jours de silence, Me Michèle Ndoki a annoncé être désormais en sécurité en Côte d’Ivoire. L’avocate et présidente du mouvement Les Bâtisseurs de la Nation explique avoir quitté le Cameroun en raison de « menaces d’interpellation et de disparition » qui pesaient sur elle à la suite de la présidentielle.
Selon son témoignage, son périple a commencé à Yaoundé avant de la mener à Douala, puis dans l’Ouest, le Nord et l’Extrême-Nord du pays. De là, elle aurait franchi la frontière tchadienne avant d’embarquer sur un vol à destination d’Abidjan. Me Ndoki souligne avoir pu compter sur « des personnes de bonne volonté » qui lui ont offert hébergement et transport tout au long du trajet.
Figure de l’opposition connue pour son franc-parler, elle coordonnait, à travers la plateforme Disô, la collecte des données issues des bureaux de vote lors du scrutin présidentiel. Depuis son exil, elle affirme que sa priorité reste « de dire la vérité des urnes » et d’assurer la transparence autour des résultats compilés par son équipe.
Ancienne militante du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), Me Michèle Ndoki s’était déjà exilée en 2019 après avoir été blessée par balle lors d’une marche pacifique. Revenue au Cameroun pour participer au processus électoral de 2025, elle est devenue l’une des principales figures féminines de l’opposition. Sa nouvelle fuite relance le débat sur la sécurité des acteurs politiques et défenseurs des droits civiques dans le pays.
