Par Arlette Akoumou Nga
Après le Soudan du Sud, l’Eswatini devient la nouvelle nation africaine à recevoir des migrants en situation irrégulière expulsés des États-Unis. Le petit pays, enclavé à l’intérieur de l’Afrique du Sud, anciennement connu sous le nom de Swaziland et régulièrement critiqué pour ses violations des droits humains, a vu atterrir sur son sol cette semaine cinq hommes, originaires du Laos, du Vietnam, de Cuba, du Yémen et de la Jamaïque.
Ils sont désormais détenus dans les prisons de cette monarchie absolue d’Afrique australe, au sein d’unités isolées. Ces personnes ont été condamnées à différentes peines aux Etats-Unis, et l’administration américaine, qui qualifie ces cinq hommes de “barbares”, a publié sur les réseaux sociaux les motifs de leur incarcération, qui vont de viol sur mineur à meurtre. Selon Washington, leurs pays d’origine refusent de les accueillir, et c’est pourquoi ils se retrouvent désormais dans ce royaume d’un million d’habitants.
Mais cette version est déjà contredite par le gouvernement de la Jamaïque, qui indique n’avoir rejeté le retour d’aucun de ses ressortissants. De plus, dans un communiqué tentant d’expliquer la situation, la porte-parole du gouvernement de l’Eswatini, Thabile Mdluli, offre elle aussi une version différente de celle des Etats-Unis : elle assure que ces cinq hommes sont “en transit” vers leur pays d’origine. Un transit qui serait, selon elle, facilité par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). L’agence des Nations Unies a toutefois démenti de telles affirmations, selon Reuters. Le flou est donc total autour de la durée du séjour de ces personnes dans les prisons du royaume, et de leur destination finale.
Pressions américaines
On ignore, pour l’instant, tout de la teneur de l’accord passé entre Mbabane et Washington, et de ce que le pays reçoit en échange de cet accueil, tout comme on ignore toujours ce qui a été promis au Soudan du Sud, qui avait accueilli huit personnes expulsées des Etats-Unis, début juillet 2025. Ce que l’on sait, c’est que le président Donald Trump, que la Cour Suprême a autorisé à continuer ces expulsions, tente de faire pression sur d’autres nations. Et notamment des pays d’Afrique, contre des promesses de meilleures relations commerciales, comme cela a été récemment abordé lors du déplacement de cinq dirigeants du continent à la Maison Blanche. Le Nigeria, également approché, a déjà affirmé ne pas vouloir céder à cette demande.
