Par Madani Charaf
Selon des informations relayées notamment par la chaîne israélienne Channel 12 et plusieurs médias internationaux, le texte prévoit un calendrier de retrait des forces américaines, un mécanisme de réouverture du détroit d’Ormuz et la mise en place d’un fonds de reconstruction de 300 milliards de dollars en faveur de l’Iran.
Le document, dont la signature officielle est attendue vendredi en Suisse, constituerait une feuille de route temporaire ouvrant une période de négociations de 60 jours entre Washington et Téhéran.
Parmi les principales dispositions figurent l’extension du cessez-le-feu à l’ensemble des fronts régionaux, y compris au Liban, ainsi que la réouverture du détroit d’Ormuz, artère stratégique du commerce mondial des hydrocarbures. L’Iran serait chargé d’en assurer la gestion pendant une phase transitoire, sans imposer de droits de passage aux navires commerciaux.
Le texte prévoit également la levée progressive du blocus naval américain contre les ports iraniens et une suspension temporaire des sanctions visant les exportations iraniennes de pétrole et de produits pétrochimiques. Cette mesure permettrait à Téhéran de retrouver un accès partiel aux marchés internationaux.
Sur le plan économique, les États-Unis et leurs partenaires s’engageraient à élaborer un programme de reconstruction d’au moins 300 milliards de dollars destiné à soutenir l’économie iranienne. Le projet inclurait aussi le déblocage d’une partie des avoirs iraniens gelés à l’étranger.
Concernant le dossier nucléaire, le mémorandum reste volontairement général. L’Iran réaffirmerait son engagement à ne jamais produire ni acquérir l’arme nucléaire, conformément à ses obligations au titre du Traité de non-prolifération (TNP). Les questions plus sensibles, notamment l’enrichissement de l’uranium et les mécanismes de contrôle détaillés, seraient renvoyées aux discussions prévues durant les 60 jours suivant la signature.
Le projet évoque enfin un retrait progressif des forces américaines déployées autour de l’Iran dans le cadre d’un accord final, ainsi qu’un engagement de Washington à ne pas imposer de nouvelles sanctions pendant la phase de négociation.
Si ce mémorandum marque une avancée diplomatique majeure après des mois de tensions, son contenu suscite déjà des interrogations, notamment aux États-Unis et en Israël, où plusieurs responsables réclament davantage de transparence sur les concessions accordées à Téhéran.
À ce stade, le texte intégral du mémorandum n’a pas été officiellement publié. Les éléments divulgués proviennent de fuites attribuées à des sources proches des négociations et de médias ayant eu accès à des versions préliminaires du document. Sa mise en œuvre dépendra de la signature officielle prévue vendredi et de l’issue des négociations techniques appelées à se poursuivre pendant deux mois.
