Par Ilyass Chirac Poumie
Le 2 mars, le Burundi a officiellement soumis la candidature de Macky Sall pour succéder à António Guterres à la tête de l’Onu, dont le mandat se termine fin 2026. L’ancien président sénégalais, qui a dirigé le Sénégal de 2012 à 2024, rejoint ainsi une liste de candidats comprenant notamment l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet et le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi.
La candidature de Macky Sall s’appuie sur plusieurs atouts : son expérience de chef d’État dans un pays stable, sa présidence récente de l’Union africaine, et son image de leader neutre capable de dialoguer avec les grandes puissances. Elle bénéficie également d’un soutien symbolique important, l’Afrique ayant historiquement peu occupé le poste de secrétaire général depuis Boutros Boutros-Ghali (Égypte) et Kofi Annan (Ghana).
Cependant, plusieurs défis demeurent. La sélection du prochain secrétaire général repose sur l’approbation du Conseil de sécurité des Nations unies, où les cinq membres permanents disposent d’un droit de veto. La candidature de Macky Sall devra donc obtenir l’adhésion de Washington, Moscou, Pékin, Londres et Paris. De plus, contrairement à certains candidats comme Bachelet ou Grossi, il n’a pas d’expérience directe dans les agences ou missions onusiennes, ce qui pourrait influencer le jugement des diplomates sur sa capacité à gérer l’institution.
Le processus de nomination comprend d’abord une recommandation du Conseil de sécurité, suivie d’un vote de l’Assemblée générale des Nations unies, dont l’issue dépendra des alliances régionales et des négociations entre grandes puissances.
Le secrétaire général de l’Onu est nommé pour un mandat de cinq ans renouvelable. Depuis sa création, le poste a été occupé par des leaders issus d’Afrique, d’Europe et d’Asie. L’élection du successeur de António Guterres s’annonce donc comme une compétition diplomatique complexe, où l’équilibre entre expérience internationale, soutien régional et approbation des grandes puissances sera déterminant.
La candidature de Macky Sall marque la volonté des pays africains de peser dans la course à la tête de l’organisation et de mettre en avant un leader capable de représenter les intérêts du continent tout en maintenant l’équilibre international.
