Par Ross Hill & Ilyass Chirac Poumie
Selon ses déclarations sur le réseau Truth Social,
« les musées de Washington, mais aussi à travers tout le pays, sont pour l’essence les derniers restes du ‘wokisme’ »,
ajoutant :
« J’ai donné instruction à mes procureurs de passer en revue la politique des musées et de commencer exactement le même processus suivi avec les universités, où d’immenses avancées ont été réalisées. Ce pays ne peut pas être ‘woke’ car le wokisme est fini. »
Cette offensive s’inscrit dans la droite ligne d’un examen interne lancé la semaine précédente par la Maison-Blanche, ciblant plusieurs musées de la Smithsonian Institution, l’un des plus grands complexes muséaux et de recherche du pays. Le gouvernement souhaite s’assurer que les contenus exposés reflètent la vision de l’Histoire des États-Unis prônée par Trump, centrée sur la notion de « vérité et raison » et l’exceptionnalisme américain.
Plus précisément, un courrier adressé à Lonnie G. Bunch III, secrétaire de la Smithsonian, exige un examen approfondi des contenus accessibles au public, comprenant les expositions, le contenu des réseaux sociaux et les supports pédagogiques. Huit musées, dont notamment le National Museum of African American History and Culture et le National Museum of American History, disposent de 120 jours pour réviser les éventuels éléments jugés divisifs ou idéologiquement orientés.
Donald Trump a vivement critiqué la focalisation des musées sur les aspects négatifs de l’histoire américaine, tels que l’esclavage, dénonçant une vision où tout est centré sur
« combien l’esclavage était mauvais ».
Il a fustigé l’absence de mise en avant des réussites, de la lumière et du futur dans ces établissements. L’administration Trump y voit une continuité de ses précédentes démarches contre les universités, où des établissements comme Columbia et Brown ont déjà accepté des compromis et versé des dizaines de millions de dollars pour mettre fin à des enquêtes fédérales.
Politologues, historiens et défenseurs des droits civiques s’alarment : bien que la Smithsonian reçoive une large part de son financement du Congrès, elle demeure institutionnellement indépendante. Toute tentative d’intervention politique dans son contenu suscite de vives critiques, certains y voyant une menace pour le progrès social et la vérité historique.
