Par Armand Soussia
Dans une interview accordée à Global Africa Telesud, l’écrivaine camerounaise Calixte Beyala a dressé un tableau sombre du climat post-électoral. Elle a dénoncé ce qu’elle qualifie de « dérive autoritaire » marquée, selon elle, par la répression de manifestations pacifiques et l’instrumentalisation du discours sécuritaire pour étouffer la contestation.
Calixte Beyala affirme que les Camerounais font face à « une confiscation de leur volonté » et que la jeunesse, majoritaire dans le pays, exprime légitimement un désespoir nourri par les difficultés sociales, l’absence de perspectives et un système politique qu’elle juge verrouillé. L’écrivaine estime que qualifier ces mobilisations d’« insurrection » permettrait au pouvoir de justifier des opérations de maintien de l’ordre disproportionnées.
Elle a également insisté sur la responsabilité de l’État dans la dégradation des services de base, évoquant « l’urgence d’hôpitaux dignes, de routes sécurisées et d’une éducation capable d’offrir un avenir ». Selon Beyala, la priorité nationale devrait être la protection de la vie et de la dignité humaine.
Enfin, l’écrivaine a affirmé que l’espoir de nombreux Camerounais s’était porté sur Issa Tchiroma Bakary lors du scrutin présidentiel, qu’elle présente comme le candidat du changement pour une large partie de la population. Écrivaine reconnue et figure médiatique influente, Calixte Beyala intervient régulièrement dans le débat public camerounais.
Les tensions post-électorales de 2025 ont suscité une vague de prises de position d’acteurs politiques, culturels et intellectuels. Les autorités démentent les accusations de répression systématique et maintiennent que les opérations de sécurité visent à prévenir les troubles.
