Par Ilyass Chirac Poumie
Dans son interview, Calixte Beyala a longuement évoqué la jeunesse camerounaise, rappelant qu’elle représente l’immense majorité du pays. Selon elle, les mouvements de rue ne sont pas le fruit d’une prétendue « insurrection », mais l’expression naturelle d’une génération qui se sent abandonnée.
Elle affirme que les jeunes « protestent comme les jeunes du monde entier », mais qu’au Cameroun, ces mobilisations sont systématiquement interprétées comme une menace. L’écrivaine estime que la colère de cette frange de la population repose sur des réalités concrètes : manque d’emplois, services publics défaillants, absence de mobilité sociale et sentiment d’abandon politique.
Calixte Beyala soutient que le rejet exprimé par les jeunes lors du scrutin reflète une volonté massive de changement, qu’elle associe à la figure d’Issa Tchiroma Bakary. Avec un âge médian de 19 ans, le Cameroun figure parmi les pays les plus jeunes du monde. Les mobilisations post-électorales ont été largement portées par cette catégorie, selon plusieurs observateurs, sur fond de chômage élevé et d’inégalités sociales persistantes.
