Par Adam Newman
Le président de droite salvadorien, Nayib Bukele, a nié mardi toute pratique de torture au sein du Centre de confinement du terrorisme (Cecot), prison de haute sécurité du Salvador où sont notamment incarcérés des migrants vénézuéliens expulsés des États-Unis. En réponse aux critiques, il a menacé de libérer tous les prisonniers, y compris les chefs de gangs et les personnes qualifiées de prisonniers politiques, vers tout pays disposé à les accueillir.
La controverse s’est intensifiée après que la chaîne américaine CBS a bloqué ce week-end la diffusion d’un reportage sur les conséquences des expulsions menées par l’administration Trump vers cette prison. Réagissant à des propos de l’ancienne secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, qui a qualifié la situation de brutale, Nayib Bukele a écrit sur le réseau social X que le Salvador était prêt à coopérer pleinement si des preuves de torture étaient établies.
Le chef de l’État a précisé que la seule condition à une telle libération serait qu’elle concerne l’intégralité de la population carcérale. Il a par ailleurs ironisé sur les critiques des médias et des ONG, affirmant que ces organisations disposeraient alors de milliers d’anciens détenus à interroger.
Nayib Bukele a conclu en assurant que son gouvernement continuerait de privilégier, selon ses termes, les droits humains de millions de Salvadoriens vivant désormais sans la domination des gangs.
Ouvert en janvier 2023, le Cecot est au cœur de la stratégie sécuritaire du président Bukele, au pouvoir depuis 2019, qui affirme avoir déclaré la guerre aux gangs responsables de violences massives au Salvador. Cette politique repose sur un régime d’exception en vigueur depuis 2022, autorisant des arrestations sans mandat.
Des ONG, dont Human Rights Watch et Cristosal, ont dénoncé le mois dernier des actes de torture, des violences sexuelles et des conditions de détention inhumaines subies par des migrants vénézuéliens transférés depuis les États-Unis. Dans un rapport intitulé « Vous êtes arrivés en enfer », elles évoquent l’isolement prolongé, le manque de nourriture et d’hygiène ainsi que des passages à tabac réguliers. Malgré ces accusations, Nayib Bukele demeure populaire auprès d’une partie de la population en raison de sa lutte contre les gangs.
