Avec notre correspondant à Caracas, Matheo Enrique
violations des droits humains et avoir « sapé la démocratie et l’État de droit au Venezuela ». Elle a été aussi placée sous sanctions par le département du Trésor américain.
En août 2024, le président ajoute le ministère des Finances et du Pétrole à son portefeuille, ce qui l’a amenée à gérer l’escalade des sanctions américaines contre le secteur le plus important du pays.
Le New York Times rappelle que c’est aussi une « technocrate » qui a su « tisser des liens avec les élites économiques » du pays et à l’étranger. Sa réforme favorable au marché – privatisation des actifs de l’État, politique fiscale conservatrice – a permis de stabiliser l’économie vénézuélienne après son effondrement total entre 2013 et 2021.
Un avenir flou
Maintenant, la question est de savoir combien de temps durera son mandat. Pour l’heure, la Cour n’a pas déclaré Nicolas Maduro définitivement absent, ce qui l’obligerait, selon la Constitution, à convoquer des nouvelles élections dans les trente jours. Dans un article d’analyse, The Guardian indique que Delcy Rodriguez devra naviguer « sur une corde raide » entre satisfaire les attentes de Washington et conserver le soutien des forces armées et des loyalistes bolivariens. Dimanche 4 janvier, la présidente par intérim a obtenu la reconnaissance de l’armée.
Une analyse confortée par Iria Puyosa, chercheuse au sein de l’Atlantic Council, cercle de réflexion de politique étrangère à Washington, pour qui Delcy Rodríguez « ne pourra pas garantir la stabilité nécessaire », faute de soutien unanime au sein du parti au pouvoir et dans la mesure où le chavisme ne bénéficie plus de l’adhésion populaire dont il jouissait il y a vingt ans.
Samedi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis allaient « diriger le pays jusqu’à ce qu’[ils puissent] effectuer une transition sûre, appropriée et judicieuse ». Il a aussi écarté l’hypothèse de voir la cheffe de l’opposition et prix Nobel de la paix 2025, Maria Corina Machado, prendre le pouvoir.
Ce dimanche, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a jugé « prématuré » de parler d’élections, il a déclaré que Washington allait juger les actions de Delcy Rodriguez et celles des autres dirigeants encore en place et « voir ce qui va se passer ». « La différence » est que « la personne qui était aux commandes […] était quelqu’un avec qui on ne pouvait pas travailler », et qui ne « respectait pas ses accords ».
