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🇸🇳 Sénégal | Premières inculpations dans l’enquête sur les violences politiques de 2021 à 2024

La justice sénégalaise a engagé les premières poursuites dans le dossier des violences politiques survenues entre 2021 et 2024. Quatre personnes ont été inculpées dans le cadre d’une enquête ouverte à la suite d’une plainte pour des faits présumés de torture, avec des mesures judiciaires différentes selon les mis en cause.

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Par Arlette Akoumou Nga

Les juges des premier et deuxième cabinets du Tribunal de grande instance de Dakar ont procédé aux premières inculpations dans ce dossier. L’enquête fait suite à la plainte déposée en septembre 2024 par Pape Abdoulaye Touré, qui affirme avoir été victime de séquestration, de violences et d’actes de torture lors des troubles politiques de juin 2023.

Parmi les personnes poursuivies figurent deux agents de sécurité du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) et deux anciens vigiles employés au domicile de l’ancien ministre de la Jeunesse Pape Malick Ndour.

Djibril Guèye, agent du COUD, a été inculpé notamment pour association de malfaiteurs, torture et crime contre l’humanité. Il a été placé sous mandat de dépôt à la demande du parquet. Guindo Traoré, poursuivi pour des chefs similaires, a pour sa part été placé sous contrôle judiciaire.

Les deux autres mis en cause ont également été entendus par les magistrats. Amadou Tidiane Cissé, dit « Kabakrou », chef de sécurité du COUD, a été inculpé pour complicité et placé sous contrôle judiciaire. Djibril Diaw, présenté comme un ancien vigile chez Pape Malick Ndour, a lui aussi été inculpé pour complicité et placé sous bracelet électronique.

Cette procédure intervient alors que les violences politiques de la période 2021-2024 continuent de faire l’objet de débats judiciaires et politiques au Sénégal. L’enquête devra notamment déterminer les responsabilités individuelles dans les faits dénoncés et examiner les circonstances dans lesquelles les violences ont été commises.

Le dossier présente également un enjeu juridique particulier en raison de la loi d’amnistie adoptée en mars 2024, qui couvre une partie des faits commis durant cette période. Le parquet s’appuie notamment, dans certains cas, sur la qualification de crime contre l’humanité, dont les conditions d’application font l’objet d’un débat juridique.

L’instruction se poursuit et pourrait conduire à de nouvelles auditions ou poursuites dans le cadre plus large des violences politiques enregistrées au Sénégal entre 2021 et 2024.

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