Par Joël Onana
La conclusion d’une affaire qui a secoué l’industrie musicale. Le rappeur américain P. Diddy connaîtra sa peine ce vendredi 3 octobre, après un long procès retentissant à New York.
Pour rappel, l’homme de 55 ans avait été acquitté des charges les plus lourdes, retenues contre lui dans cette affaire tentaculaire de violences sexuelles, cet été. Cependant, il a été reconnu coupable de transport de personnes à des fins de prostitution.
La sentence sera décidée par le juge : elle peut aller jusqu’à un maximum théorique de dix ans de prison pour chacun des deux chefs d’accusation qui planent au-dessus du musicien, Sean Combs de son vrai nom.
11 ans pour le procureur, 14 mois pour la défense
Le procureur fédéral Jay Clayton a néanmoins réclamé une peine supérieure à onze ans de prison contre la star du hip-hop. Dans un long texte de 166 pages, il justifie cette peine réclamée par le fait que les crimes de P. Diddy «sont graves et ont conduit, dans plusieurs affaires similaires, à des peines supérieures à dix ans» d’incarcération.
«Une peine de prison importante est également nécessaire dans cette affaire car le prévenu ne manifeste aucun repentir»
écrit-il.
De son côté, la défense du rappeur avait réclamé une peine qui n’excède pas quatorze mois de prison : une durée qui lui permettrait d’être libéré avant la fin de l’année, compte tenu du temps déjà passé en détention provisoire.
Acquitté des charges les plus lourdes
P. Diddy était accusé d’avoir forcé des femmes – dont la chanteuse Cassie, sa petite amie de 2007 à 2018, et une ancienne compagne ayant témoigné sous couvert d’anonymat – à se livrer à des marathons sexuels avec des hommes prostitués, pendant qu’il se masturbait ou filmait la scène. Le rappeur était aussi accusé d’avoir mis en place tout un réseau criminel, dont il était à la tête, pour organiser ces marathons nommés «freak-offs». L’affaire avait eu une résonance particulière sur les réseaux sociaux, où les internautes s’étaient largement portés en faveur des plaignantes. Mais, malgré ce soutien populaire, le verdict tombé le 2 juillet, après sept semaines de témoignages particulièrement intenses, avait résonné comme une victoire pour la défense. Dans le détail, il avait ainsi été acquitté des faits de trafic sexuel sur deux de ses anciennes compagnes, et d’association de malfaiteurs, passible de la prison à vie.
