Par Ilyass Chirac Poumie
Dans un communiqué daté du 5 décembre 2025, le ministère de la Communication a vigoureusement rejeté la récente déclaration de la Délégation de l’Union Européenne au Cameroun, laquelle exprimait des préoccupations sur la sécurité des acteurs politiques, le recours excessif à la force, les violations des droits humains et les arrestations jugées arbitraires dans le contexte du décès de Georges Anicet Théodore Ekane.
Le gouvernement estime que cette prise de position de l’UE
« contrevient aux usages diplomatiques » et rappelle qu’aucune mission étrangère, « fût-elle de l’Union Européenne », n’a compétence pour adresser « des injonctions » à un État souverain. Yaoundé y voit une « volonté d’ingérence inadmissible ».
Le communiqué affirme que les interpellations menées après la proclamation des résultats de la présidentielle du 12 octobre 2025 faisaient suite à « de graves troubles à l’ordre public », ayant entraîné des destructions matérielles et même des pertes en vies humaines dans plusieurs régions. Les autorités insistent sur le fait qu’une enquête est en cours et qu’il est prématuré de parler d’arrestations arbitraires ou de violations des droits humains.
Le gouvernement appelle enfin la Délégation de l’Union Européenne à davantage de « réserve » et de « retenue », privilégiant le renforcement des relations d’amitié et de coopération entre Bruxelles et Yaoundé.
La sortie européenne fait suite au décès en détention du leader politique Anicet Ekane, événement qui a déclenché une vague d’indignation nationale et internationale. Depuis la présidentielle contestée d’octobre 2025, plusieurs arrestations et tensions politiques alimentent un climat de confrontation entre opposition, société civile et autorités camerounaises.
Cette réponse du gouvernement prndant une période où ce dernier peine à trouver des financements pour ses projets et même payer ses fonctionnaires peut-être perçu comme une auto destruction, lorsque qu’on mesure l’importance économique de ce partenaire avec le Cameroun.
