Par Hajer Elina
Ben Modo, figure active de la diaspora camerounaise, a formulé de graves accusations contre Issa Tchiroma Bakary, affirmant que ce dernier n’avait, dès le départ, aucune intention réelle de conquérir le pouvoir à Yaoundé. Selon lui, le projet de contestation post-électorale et l’idée d’une révolution ont été volontairement abandonnés, principalement pour des raisons financières et stratégiques.
Dans sa déclaration, Ben Modo reproche à Issa Tchiroma Bakary d’avoir refusé de défendre sa prétendue victoire électorale et d’avoir délibérément fait retomber la pression populaire au moment où la mobilisation devait, selon lui, atteindre son apogée. Il estime que cette attitude a vidé de sa substance toute dynamique de rupture avec le régime en place.
Ben Modo évoque également de profondes dissensions entre Issa Tchiroma Bakary, Thomas Bakary et d’autres acteurs impliqués, affirmant que plusieurs propositions concrètes de soutien financier et d’actions à l’international seraient restées sans suite. Il dénonce en outre l’absence de toute plainte judiciaire internationale, notamment devant la Cour pénale internationale, malgré les engagements pris auprès des familles des victimes.
Ces accusations, qualifiées de particulièrement graves, viennent raviver les soupçons de ceux qui considéraient Issa Tchiroma Bakary comme un acteur peu disposé à assumer une confrontation directe avec le pouvoir. Pour Ben Modo, le refus d’aller jusqu’au bout de la logique de contestation constitue une trahison des attentes populaires nées au lendemain de la présidentielle.
Après l’élection présidentielle camerounaise, plusieurs voix de l’opposition et de la diaspora avaient annoncé des démarches judiciaires et diplomatiques à l’international pour contester les résultats. Des mois plus tard, l’absence d’actions concrètes et les divisions internes exposées publiquement nourrissent un climat de défiance et de désillusion au sein des soutiens de l’opposition.
