Par Julie Peh
Le ton est brutal et sans équivoque. Le président américain Donald Trump a annoncé dimanche que les États-Unis allaient lancer « sous peu » un blocus du détroit d’Ormuz, l’un des points de passage maritimes les plus stratégiques au monde. L’annonce, faite sur la plateforme Truth Social, intervient après l’échec de longues négociations menées à Islamabad, au Pakistan. Washington accuse l’Iran de refuser tout compromis sur son programme nucléaire et de maintenir une pression jugée « inacceptable » sur la navigation dans la zone. Selon Trump, la marine américaine va désormais intercepter tous les navires entrant ou sortant du détroit, en particulier ceux soupçonnés d’avoir payé un « péage » à Téhéran.
Le président américain justifie cette décision par ce qu’il qualifie « d’extorsion à l’échelle mondiale », affirmant que l’Iran utiliserait la menace de mines marines pour contrôler le trafic. Il promet également des opérations de déminage et avertit que toute attaque iranienne entraînerait une riposte militaire immédiate. Dans ses déclarations, Trump va encore plus loin, affirmant que les capacités militaires iraniennes auraient été largement affaiblies et menaçant d’ « achever » ce qu’il reste du régime si la situation dégénère. Des propos particulièrement alarmants qui font craindre une confrontation directe.
Le détroit d’Ormuz est un couloir maritime étroit reliant le golfe Persique à l’océan Indien. Chaque jour, environ 20 % du pétrole mondial y transite, principalement depuis des pays comme l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis ou le Koweït. Depuis des décennies, cette zone est au cœur des tensions entre l’Iran et les États-Unis. Téhéran a régulièrement menacé de fermer le détroit en cas de sanctions ou d’attaque, tandis que Washington y maintient une présence militaire importante pour garantir la liberté de navigation.
Le dossier du nucléaire iranien, encadré notamment par l’accord de 2015 (abandonné unilatéralement par les États-Unis sous Trump), reste un point de friction majeur. Les tentatives de relance des négociations ont jusqu’ici échoué, alimentant les risques d’escalade. Un blocage effectif du détroit d’Ormuz aurait des conséquences immédiates: flambée des prix du pétrole, perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales et tensions économiques majeures, y compris en Afrique.
En annonçant un blocus unilatéral, Donald Trump franchit un cap dans le bras de fer avec l’Iran. Reste à savoir si cette menace sera suivie d’effet et surtout, comment réagiront les autres puissances impliquées dans la région.
