Par Ilyass Chirac Poumié
Cabral Libii revient à la charge sur l’une des principales conséquences de la révision constitutionnelle du 14 avril 2026 : la création du poste de vice-président de la République.
Dans son intervention, le président du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN) insiste sur la nécessité de pourvoir cette fonction et interpelle directement le président Paul Biya, à qui la Constitution confère le pouvoir de nommer le vice-président.
Cette sortie intervient alors que, plusieurs mois après l’adoption de la réforme, aucun titulaire n’a encore été officiellement installé à ce poste.
La question dépasse celle d’une simple nomination politique. La nouvelle architecture constitutionnelle confère au vice-président un rôle central dans la continuité de l’État. Le texte prévoit notamment qu’en cas de vacance de la présidence pour cause de décès ou de démission, ou d’empêchement définitif constaté par le Conseil constitutionnel, le vice-président achève le mandat présidentiel en cours.
Cabral Libii avait déjà soulevé en août une autre difficulté liée à l’absence de titulaire : la procédure permettant de faire constater un éventuel empêchement définitif du président de la République. Le nouveau dispositif relatif au Conseil constitutionnel désigne en effet le vice-président parmi les acteurs essentiels de cette procédure. Cette interprétation fait toutefois l’objet d’un débat juridique, certains juristes estimant que l’absence de vice-président constitue une lacune procédurale sans rendre nécessairement impossible le fonctionnement des mécanismes constitutionnels.
La réforme constitutionnelle adoptée en avril avait réintroduit le poste de vice-président au Cameroun. Contrairement à un système de ticket présidentiel dans lequel président et vice-président seraient élus ensemble, le dispositif camerounais prévoit une nomination par le président de la République. Cabral Libii avait précisément critiqué ce mode de désignation lors de l’adoption de la réforme, estimant que la fonction aurait dû tirer sa légitimité du suffrage populaire.
La nouvelle intervention du dirigeant du Pcrn replace ainsi la nomination du vice-président au cœur du débat politique et institutionnel camerounais.
