Par Ilyass Chirac Poumie
Cent quarante-deux personnes sont traduites ce jeudi devant le Tribunal militaire de Yaoundé dans le cadre de ce que les collectifs d’avocats qualifient d’inquisition post-électorale. Selon les informations communiquées par la défense, 114 prévenus seront extraits de la prison centrale de Yaoundé Kondengui pour être présentés à l’audience, tandis que 28 autres comparaîtront libres, sur décision du Commissaire du Gouvernement près le Tribunal militaire.
Les mis en cause, répartis en cinq dossiers distincts, devront répondre des accusations de propagation de fausses nouvelles, rébellion en groupe, attroupement et défaut de carte nationale d’identité. Les poursuites s’appuient notamment sur les articles 74-2, 113, 157-1 b, 158 et 232-1-2 du Code pénal, ainsi que sur les articles 1 et 5 de la loi numéro 90/042 du 19 décembre 1990 instituant la carte nationale d’identité au Cameroun.
La défense indique s’être réunie au siège de l’Ordre des avocats au Barreau du Cameroun, au cours d’une séance de travail présidée par le Bâtonnier. Les avocats se disent prêts à assurer une assistance juridique efficace, à titre pro bono, aux 142 prévenus, dans un contexte de poursuites engagées par voie de flagrance.
La liste complète des personnes concernées est inscrite au rôle de l’audience prévue pour le jeudi 08 janvier 2026. La défense précise que l’opinion publique sera tenue informée de l’évolution de ces procédures judiciaires.
Ces poursuites interviennent dans un contexte de fortes tensions politiques et sécuritaires au Cameroun à la suite du scrutin présidentiel. Plusieurs organisations de défense des droits humains et collectifs d’avocats dénoncent une judiciarisation des contestations post-électorales et le recours à la juridiction militaire pour juger des civils.
Dépêche rédigée par Me Hippolyte BT Meli, pour les collectifs d’avocats constitués pour la défense des prévenus.
