Par Joël Onana
L’avocat Christian Ntimbane Bomo revient sur ce qu’il qualifie d’« injustice criante » ayant frappé Passi Evina King Stéphane, un jeune Camerounais présenté comme l’auteur de l’offre de prêt de crédit téléphonique connue sous le nom de « Méthode Help Me » ou « Découvert téléphonique ». Selon Christian Ntimbane Bomo, cette innovation – un système permettant aux opérateurs de téléphonie mobile de prêter du crédit ou de la data à leurs clients, remboursés lors de la prochaine recharge – avait été protégée dès 2011 à la SOCILADRA en tant qu’œuvre relevant du droit d’auteur.
Toujours selon Christian Ntimbane Bomo, Orange et Mtn auraient adopté et exploité ce concept dès 2011, sans reconnaître les droits de son créateur. Malgré des démarches répétées auprès des autorités, y compris la Présidence de la République, le ministère des Postes et l’Agence de régulation des télécommunications, Passi Evina King Stéphane n’aurait jamais obtenu réparation.
En 2024, grâce au cabinet de Christian Ntimbane Bomo, une ordonnance judiciaire aurait été obtenue, interdisant à Orange Cameroun et Mtn Cameroun de proposer leurs offres de prêt de crédit. Mais Christian Ntimbane Bomo affirme que les deux opérateurs ont ignoré la décision pendant plusieurs mois avant d’obtenir son annulation « pour un simple vice de forme », sans, selon lui, remettre en cause le droit d’auteur de l’inventeur. Il souligne que, faute de signification régulière, l’interdiction de commercialisation resterait théoriquement en vigueur, mais jamais appliquée.
Rongé par cette longue bataille et par ce que Christian Ntimbane Bomo décrit comme une profonde injustice, Passi Evina King Stéphane aurait été victime d’un AVC fatal. Il a été inhumé dans son village il y a quelques mois, laissant derrière lui une épouse et plusieurs enfants désormais dans la précarité.
Pour Christian Ntimbane Bomo, cette affaire illustre « le Cameroun de l’injustice », où de puissantes entreprises profiteraient d’une œuvre protégée créée par « un jeune no name », sans protection ni soutien, mais générant des milliards depuis treize ans. Il affirme que le défunt l’avait contacté via Facebook, attiré par ses engagements publics pour la justice.
L’affaire relance le débat sur la protection des créateurs dans le secteur des télécommunications au Cameroun, et sur l’exécution des décisions de justice face aux grands opérateurs. Par ses interventions répétées, Christian Ntimbane Bomo s’est fait l’un des principaux relais de cette cause, dénonçant une asymétrie de pouvoir entre innovateurs locaux et multinationales.
