Par Joël Onana
Le professeur Aba’a Oyono, détenu depuis plusieurs mois pour avoir défendu publiquement la victoire revendiquée par Issa Tchiroma à la présidentielle 2025, a été une nouvelle fois présenté ce jeudi devant le commissaire du gouvernement Belinga Cerlin. L’audition s’est déroulée au Tribunal militaire de Yaoundé, dans un contexte de fortes tensions provoquées par la disparition récente de son compagnon de lutte et codétenu, Anicet Ekane.
Selon plusieurs sources concordantes, le professeur Aba’a Oyono se trouvait encore dans les locaux du commissaire du gouvernement au moment où ces informations nous parvenaient. Sa situation judiciaire demeure floue, alors que ses proches évoquent un acharnement politique visant à faire taire les voix contestant la gestion du scrutin présidentiel.
Les circonstances de son arrestation restent marquées par un épisode de violence particulièrement grave. Le jour de l’interpellation du professeur Aba’a Oyono, son épouse avait été brutalement agressée, subissant des blessures telles qu’elle avait finalement dû être amputée d’un doigt à l’hôpital central de Yaoundé. Ce fait, jugé choquant par la société civile et les organisations de défense des droits humains, continue d’alimenter l’indignation.
La détention et les procédures visant Aba’a Oyono surviennent dans un climat national tendu, accentué par la mort d’Anicet Ekane, dont les proches dénoncent un assassinat politique. L’affaire pourrait relancer le débat sur les pratiques judiciaires et sécuritaires entourant les opposants au régime en place.
Le professeur Aba’a Oyono et Anicet Ekane faisaient partie d’un groupe de militants interpellés dans le cadre de contestations postélectorales liées à la présidentielle 2025. Le gouvernement a toujours rejeté les accusations de persécution politique. La disparition d’Anicet Ekane en détention a toutefois ravivé les critiques sur les conditions de détention, la responsabilité des autorités et la répression des voix dissidentes.
