Par Ilyass Chirac Poumie
La Commission des droits de l’homme du Cameroun (CDHC) se dit profondément préoccupée par la prolifération des discours de haine et des incitations à la violence sur les réseaux sociaux à l’approche de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025.
Dans un communiqué rendu public ce lundi, l’institution dénonce des contenus viraux appelant parfois au meurtre, à la sécession et au génocide, visant principalement les communautés Bamiléké, Béti et Bassa, mais aussi des militants politiques identifiés par leurs appartenances. La Cdhc souligne que ces dérives constituent une menace grave pour la dignité humaine, la cohésion sociale, la paix et l’unité nationale.
La Commission rappelle que le Code pénal camerounais sanctionne sévèrement les propos haineux à caractère ethnique ou tribal, en particulier lorsqu’ils sont tenus par des responsables politiques, religieux ou médiatiques. Elle exhorte les autorités compétentes à appliquer rigoureusement la loi, à enquêter sur les contenus signalés et à poursuivre leurs auteurs.
Par ailleurs, la Cdhc appelle les ministères de la Communication, des Postes et Télécommunications et de l’Administration territoriale à renforcer la surveillance des discours haineux en ligne, en collaboration avec la société civile et les plateformes numériques. Elle invite aussi les citoyens, en particulier les jeunes, à rejeter et à ne pas relayer de tels messages, tout en privilégiant des narratifs de paix, de tolérance et de respect mutuel.
Enfin, la Commission réaffirme son engagement à promouvoir l’éducation aux droits de l’homme et aux médias comme outils essentiels de prévention et insiste sur la responsabilité collective dans la lutte contre la haine.
La montée des discours de haine en ligne n’est pas nouvelle au Cameroun, mais leur intensification en période électorale inquiète les autorités et la société civile. Depuis 2023, la Cdhc multiplie les communiqués, campagnes et plaidoyers pour sensibiliser sur les dangers de la stigmatisation ethnique et politique. Déjà, plusieurs cas de violences physiques ont été documentés comme conséquences directes de contenus viraux.
La loi camerounaise punit désormais sévèrement les incitations à la haine tribale, et les autorités rappellent que les réseaux sociaux sont désormais considérés comme de véritables terrains d’application de ces dispositions. Dans un contexte de tensions électorales, la vigilance des institutions, des médias, des leaders d’opinion et des citoyens apparaît plus que jamais cruciale pour préserver la cohésion sociale et éviter que les mots ne se transforment en violences irréparables.
