Par Armand Soussia
La tension est montée d’un cran ce vendredi sur l’axe Meiganga Ngaoundere, où la gendarmerie, épaulée par des engins de type caterpillar, tente depuis ce matin de dégager les milliers de poids lourds qui bloquent la route depuis plusieurs jours. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, l’intervention menée dans la nuit aurait entraîné la destruction de nombreux camions stationnés le long de l’axe.
Au lever du jour, les transporteurs ont confirmé qu’une centaine de véhicules auraient été écrasés ou rendus hors d’usage. Cette opération a immédiatement déclenché la colère des camionneurs, qui dénoncent un recours à la force jugé disproportionné et ciblé. En réaction, un mot d’ordre ferme a été transmis à l’ensemble des transporteurs du corridor: tous les camions doivent cesser toute activité et il est strictement interdit de descendre vers le Grand Sud.
A Galdi, dans la région de l Adamawa, plusieurs convois ont reçu l’ordre de couper les moteurs et de rester garés. Les syndicats affirment que le blocage sera total jusqu’à nouvel ordre et que la destruction de véhicules constitue une ligne rouge franchie par les Le blocage de l’axe Meiganga Ngaoundere fait suite à plusieurs semaines de tensions opposant les transporteurs aux autorités, après la remise en cause par la gendarmerie des engagements pris en novembre concernant la suspension des contrôles routiers.
L’incident de Meiganga, survenu après un acte de violence d’un gendarme contre un camionneur, a cristallisé un mécontentement déjà profond. La destruction nocturne de camions marque un tournant dans la crise et pourrait provoquer de graves perturbations dans l’approvisionnement du Sud du pays.
