Par Hajer Elina
Une vive polémique secoue les réseaux sociaux après la publication d’une lettre ouverte adressée à la Première dame du Cameroun, Chantal Biya, par la Camerounaise de la diaspora Agnes P. Delaruelle. Dans ce texte particulièrement virulent, l’auteure reproche à l’épouse du président Paul Biya d’incarner une image d’opulence et de mondanité alors que, selon elle, la majorité des Camerounais vivent dans la précarité.
Dans sa lettre intitulée « Madame la Première Dame, le Cameroun n’est pas un décor », Delaruelle dénonce ce qu’elle qualifie de « mirage des paillettes face au sang de la nation ». Elle accuse la Première dame de transformer sa fonction en « simple hangar », un espace consacré davantage à l’apparat et aux privilèges qu’à l’engagement social attendu d’une figure morale de la nation.
L’auteure affirme que la population ne voit la Première dame apparaître que lors de cérémonies festives ou mondaines, tandis que les drames sociaux – pauvreté, violences contre les femmes ou détresse des familles – resteraient, selon elle, sans réponse visible de sa part. Delaruelle critique également l’image donnée à la jeunesse camerounaise, estimant que la fonction de Première dame devrait être un modèle de retenue, de dignité et de responsabilité publique.
Dans un passage particulièrement incisif, la signataire appelle la Première dame à faire preuve de « sagesse » et à « ne plus encombrer l’avenir du peuple camerounais », estimant que la période actuelle exige un renouvellement moral et politique.
La lettre, largement relayée sur les plateformes numériques, intervient dans un climat politique déjà sensible au Cameroun et pourrait relancer le débat sur le rôle et l’influence de la Première dame dans la vie publique du pays.
Épouse du président Paul Biya depuis 1994, Chantal Biya est l’une des figures les plus visibles du pouvoir camerounais. Elle est notamment connue pour ses activités caritatives à travers la Fondation Chantal Biya, qui intervient principalement dans les domaines de la santé et de l’aide aux enfants. Toutefois, son image publique et son train de vie ont régulièrement fait l’objet de critiques de la part d’opposants et de certains acteurs de la société civile.
