Par Joseph OLINGA N.
C’est une curiosité dans l’environnement des relations internationales. En signant un communiqué remettant en cause les observations de l’Union européenne, le ministre de la communication, René Emmanuel Sadi, ravive les tensions liées au climat politique dérivé des tensions post-électorales. Surtout, le gouvernement camerounais relativise l’indignation provoquée par la mort tragique du président du Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie (Manidem), Anicet Ekane.
Dans les faits, la préoccupation relayée par l’Union européenne rappelle l’impératif pour les pouvoirs publics de s’arrimer aux normes et conventions internationales signées par le Cameroun relatives aux droits humains et particulièrement aux droits des prisonniers politiques. Un rappel loin d’être anodin qui suscite l’attention des pouvoirs publics camerounais sur sa notoriété croissante de violation des droits.
La bravade engagée par le gouvernement camerounais face aux partenaires internationaux du pays cache mal son souci de dissimuler les revendications populaires qui enflent un peu plus depuis l’élection du 12 octobre dernier. Une élection entachée d’irrégularités et enveloppée de contestations que le pouvoir essaye de noyer par des artifices et une répression sanglante.
Des faits qui n’échappent pas aux regards des institutions internationales et aux pays partenaires du Cameroun. Les conséquences du déni de responsabilité affiché par le gouvernement camerounais pourraient se ressentir de manière très perceptible dans les prises de position de l’Union européenne, mais aussi les institutions financières internationales vis-à-vis du gouvernement camerounais qui a permanement recours à ceux-ci.
