Par Joël Onana
United4Cameroon a réagi au décès d’Anicet Ekane, mort le 1er décembre 2025 alors qu’il se trouvait au Sed sous la garde du tribunal militaire. L’organisation affirme que l’opposant avait été arrêté à Douala en dehors de tout cadre légal, transféré à Yaoundé puis détenu dans un camp militaire sans respect des procédures. Elle estime que les conditions de sa détention, marquées notamment par la privation de soins adéquats, engagent pleinement la responsabilité de l’État.
Dans son communiqué, United4Cameroon évoque de « graves incohérences » dans la communication officielle du ministère de la Défense, notamment la prolongation de la garde à vue au-delà des délais légaux, les conditions de détention non conformes et l’affirmation d’un suivi médical jugé inexact par la famille et les avocats qui, eux, décrivent une dégradation inquiétante de son état de santé.
L’organisation rappelle que les enquêtes annoncées par le gouvernement sur des cas de violations graves n’aboutissent jamais à des conclusions publiques. Elle cite notamment la vidéo montrant la torture de l’artiste Longuè Longuè, pour laquelle une enquête avait été promise sans qu’aucune suite n’ait été donnée malgré l’identification claire des responsables. Pour United4Cameroon, ce précédent illustre la persistance d’une impunité institutionnalisée.
L’organisation exige l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante, crédible et transparente sur la mort d’Anicet Ekane. Elle demande également la libération de tous les prisonniers politiques détenus dans des conditions similaires et la cessation des répressions contre les acteurs pacifiques de la vie publique. Elle critique par ailleurs la communauté internationale, jugée trop passive face aux violations graves et répétées des droits humains commises au Cameroun.
Anicet Ekane, figure de l’opposition, est décédé dans un contexte de crise post-électorale marqué par des arrestations multiples et la contestation de l’élection présidentielle du 12 octobre. Depuis l’annonce de sa mort, plusieurs voix de la société civile et du monde politique réclament une clarification des conditions de sa détention et dénoncent un climat généralisé de répression.
