Par Serge Aimé BIKOI
Cette décision a été prise le 31 août à Yaoundé au terme d’une réunion extraordinaire tenue par le comité de coordination du Corec. Eu égard à la position inerte du gouvernement camerounais depuis l’exigence de la résolution des revendications des seigneurs de la craie, le Collectif des organisations des enseignants du Cameroun (Corec) appelle l’ensemble des éducateurs du pays à suivre scrupuleusement les consignes de grève ci-après :
Du lundi, 8 au vendredi, 12 septembre 2025
Opération craie morteÀ cette première étape, les éducateurs sont appelés à se rendre dans leurs établissements, à accueillir les élèves et les usagers. Ils ne dispensent aucun cours. Ce temps sera consacré à expliquer, avec calme et pédagogie, les raisons du mouvement de grève et la gravité de la situation de l’école camerounaise.
Du lundi, 15 au mercredi, 17 septembre 2025
Opération école morte. À cette deuxième phase, les éducateurs du Cameroun sont appelés à observer une cessation totale de toutes les activités et à rester à leur domicile. Le travail ne reprendra que le jeudi, 18 septembre.
Dès lundi, 6 octobre 2025, opération Éducation en berne.
Au lendemain de la journée mondiale des enseignants, le 5 octobre et en synergie totale avec le Syndicat national des enseignants du supérieur (Synes), le Corec appelle à un durcissement national du mouvement de protestation.
Les modalités de cette phase d’intensification seront communiquées en temps opportun et marqueront une nouvelle étape dans le combat pour la refondation de l’école.Le Collectif des organisations des enseignants du Cameroun décide de prendre ces mesures draconiennes dans les prochains jours à cause d’un gouvernement autiste.
En effet, le Corec considère que “le gouvernement de la République, par son refus systématique de poser les actes politique et financier indispensables à la résolution de la crise, a choisi de sacrifier l’avenir des huit millions d’enfants sur l’autel de l’immobilisme”.
Cette corporation considère, dans la même veine, que le refus du dialogue social par le gouvernement constitue un réquisitoire accablant où sur les six revendications vitales dûment formulées, il a opposé une stratégie délibérée d’enlisement et un déficit de décision politique, qui sonne comme un aveu d’abandon.
La faillite politique du gouvernement à l’origine du mal-être des éducateurs
Le Corec constate que “cette faillite politique a des conséquences désastreuses que chaque famille camerounaise subit au quotidien. Cette faillite politique se traduit aussi par une école qui n’instruit plus, où 72% de la progéniture scolaire sort du primaire sans maîtriser la lecture et le calcul”.
Il décrie, par la même occasion, un sous-investissement chronique qui place le Cameroun loin derrière les voisins, gaspillant 60% du potentiel productif de la jeunesse. Cette faillite politique se matérialise aussi par des enseignants humiliés, précarisés et incapables d’accomplir dignement leur mission.
Le Corec rappelle qu’en tant qu’éducateurs,
“la loi désigne les enseignants comme les principaux garants de la qualité de l’éducation et qu’en tant que citoyens, leur conscience leur interdit d’être les complices silencieux de ce naufrage organisé. Continuer à enseigner dans un système qui s’effondre n’est pas un acte de service, mais un acte de résignation et rester silencieux face à l’injustice n’est pas une option, c’est une trahison”.
