Par Ilyass Chirac Poumie
Dans une déclaration rendue publique lundi, le collectif dénonce la sélection jugée « autoritaire » des candidats par le régime en place, sur 83 dossiers déposés, dont une douzaine seulement ont été retenus. Les signataires estiment que ce processus « bafoue les lois » et révèle une volonté de verrouiller l’alternance, alors que Paul Biya, au pouvoir depuis plus de 40 ans, reste candidat malgré son grand âge et ses absences prolongées.
Le CIPA-CAM appelle l’opposition à dépasser ses divisions et à s’accorder sur un candidat consensuel, disposant d’une légitimité nationale et internationale, pour faire face au parti au pouvoir. Le collectif exige également un projet de refondation nationale incluant la libération des prisonniers politiques, le rapatriement de la dépouille d’Ahmadou Ahidjo, la mise en place d’une Commission Vérité et Réconciliation, ainsi qu’une réforme en profondeur de l’État et de la Constitution, notamment la limitation stricte du nombre de mandats présidentiels.
Les signataires insistent sur la nécessité de réformer le Code électoral, de créer une commission électorale indépendante et de garantir la transparence des scrutins. Ils plaident aussi pour une modernisation de l’État, un audit rigoureux des finances publiques, une réduction du nombre de ministères, et des réformes structurelles dans la santé, l’éducation et la fonction publique.
Enfin, le collectif appelle la société civile à « résister à la désinformation » et à diffuser des informations vérifiées pour contrer la propagande d’État. Selon eux, l’élection d’octobre prochain constitue « la dernière chance de reprendre en main le destin du Cameroun ».
Parmi les signataires figurent plusieurs avocats, universitaires, journalistes et acteurs de la société civile, dont Michèle Ndoki, Alice Nkom, Éric Chinje, Calixthe Beyala, Haman Mana et Jean-Pierre Bekolo.
