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Cameroun | Présidentielle 2025: Paul Biya peut-il vraiment tenir sa promesse de mener sa campagne lui-même ?

À 92 ans, le chef de l’État camerounais a surpris son entourage en annonçant qu’il prendra personnellement les rênes de la campagne présidentielle. Mais entre symbole politique et réalités logistiques, la question reste entière : Paul Biya pourra-t-il honorer cette promesse ?

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Par Ilyass Chirac Poumie

L’annonce a créé la stupeur au Palais de l’Unité. Paul Biya a déclaré qu’il ira lui-même « partout où les Camerounais l’attendent ». Une posture nouvelle pour un président dont les campagnes électorales passées ont toujours été menées par ses lieutenants, avec une implication directe réduite à l’essentiel. Cette fois-ci, le candidat du Rdpc promet d’être en première ligne. Pourtant, plusieurs facteurs font douter de la faisabilité de ce projet.

L’âge et la santé, premiers obstacles

À 92 ans, Paul Biya est le doyen des chefs d’État en exercice dans le monde. Ses apparitions publiques sont rares et souvent très brèves. Or, une campagne électorale est un marathon : déplacements, discours, bains de foule, exposition aux aléas climatiques. Autant de contraintes qui paraissent difficilement compatibles avec son état de santé présumé fragile.

En 2004, 2011 et 2018, Biya a toujours privilégié une stratégie à distance, laissant le soin à ses fidèles, de Jean Nkuété à René Sadi, d’animer les grandes messes populaires du Rdpc. Lui-même n’intervenait que lors de l’apothéose à Yaoundé, avec un seul discours central. L’annonce actuelle rompt avec cette tradition, mais l’expérience historique invite à la prudence.

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Un déplacement présidentiel mobilise des centaines d’hommes, entre Garde présidentielle, Dgre et forces de maintien de l’ordre. Dans des zones sensibles comme l’Extrême-Nord ou le Sud-Ouest, l’exposition du président constitue un risque majeur. De plus, la lourdeur logistique pourrait ralentir, voire annuler certaines étapes annoncées.

Un calcul politique avant tout ?

L’effet d’annonce permet déjà de galvaniser les militants et de donner l’image d’un président encore « en contrôle ». Promettre d’être présent sur le terrain peut renforcer la confiance du RDPC et brouiller les cartes face à une opposition qui mise sur la fragilité du président. Mais rien ne garantit que cette promesse se traduira par une véritable tournée nationale.

Entre symbole et réalité
Paul Biya a ouvert une brèche en affirmant qu’il mènera lui-même sa campagne. Mais la faisabilité de ce pari reste incertaine. On peut s’attendre à quelques apparitions ciblées dans des villes stratégiques comme Douala, Maroua ou Bertoua, mais difficilement à une tournée complète du territoire. L’annonce pourrait donc relever davantage d’un geste politique fort que d’un véritable plan d’action.

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