Par Mon’Esse
Le candidat officiellement déclaré perdant à l’élection présidentielle du 12 octobre au Cameroun, Issa Tchiroma Bakary, a discrètement quitté sa résidence du quartier Marouaroué, à Garoua (Nord) dans la nuit du 29 au 30 octobre, a-t-on appris de sources concordantes.
«Vers 3h du matin, raconte un voisin à un journal local en ligne, des véhicules sont venus, les portails se sont ouverts, puis plus rien.»
Vendredi matin, le concerné publiait un message sibyllin sur les réseaux sociaux:
«Je demande à tous ceux qui ont été arrêtés arbitrairement, aux membres de ma famille kidnappés, tenez bon, je ne me reposerai pas jusqu’à ce que ce régime vous donne votre victoire. Je remercie l’armée loyaliste qui a montré son patriotisme en me conduisant dans un lieu sûr et assure ma protection actuellement. Je ferai une adresse solennelle dans quelques instants.»
Quelques instants plus tard, toujours par la même voix, il a condamné «des centaines de morts et de blessés», mais aussi des «arrestations arbitraires de leaders politiques, d’acteurs de la société civile, de créateurs de contenus et de milliers de manifestants» du fait de la répression armée, décidée par le pouvoir de Yaoundé.
Pour lui, ceux qui croient que la peur fera plier «le peuple» se trompent lourdement, un peuple ayant perdu la peur étant un peuple invincible.
Et d’appeler la population à observer des
«villes mortes» du lundi 3 au mercredi 5 novembre pour que «le pays tout entier se fige, pour que le monde entier sache que nous résistons et que nous ne céderons pas».
Selon certains, M. Tchiroma, qui selon le Conseil constitutionnel a récolté 35,19% des suffrages à la présidentielle, contre 53,66% pour le président sortant, Paul Biya, se serait réfugié au Nigeria voisin, craignant pour sa propre sécurité.
