Par Ross Hill
Selon un discours diffusé lundi par un leader du mouvement ambazonien, le gouvernement camerounais envisagerait d’envoyer aux États-Unis une délégation composée notamment de Ngala Jerus et du professeur Chinje, deux personnalités originaires des régions anglophones, afin de rencontrer les dirigeants séparatistes. L’objectif affiché serait de « renouer le dialogue » et de « donner une chance à la paix » après neuf années de conflit armé dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
Mais les leaders ambazoniens rejettent cette démarche, qu’ils qualifient de « manœuvre politique » visant à redorer l’image du régime de Yaoundé sur la scène internationale, à un moment où les tensions politiques internes restent vives. « Nous ne tomberons pas dans le piège de cette propagande », a déclaré l’orateur, estimant que le pouvoir cherche surtout à détourner l’attention du monde alors que la crise post-électorale s’aggrave.
Le discours évoque également des troubles à Banja, dans la région de l’Ouest du Cameroun, où des habitants auraient manifesté contre l’arrestation de plusieurs proches, dénonçant la répression et l’absence de réformes politiques. Des appels à l’« opération ville morte » auraient aussi été lancés, invitant la population à observer des journées de paralysie en signe de protestation.
Depuis 2017, le conflit entre les forces séparatistes ambazoniennes et l’armée camerounaise a fait plusieurs milliers de morts et déplacé des centaines de milliers de personnes. Malgré des appels répétés au dialogue, les négociations entre Yaoundé et les groupes armés anglophones n’ont jamais abouti. Le contexte politique reste par ailleurs tendu, alors que les résultats du scrutin présidentiel de 2025 continuent d’être contestés par une partie de l’opposition.
