Par Ilyass Chirac Poumie
Les juges du Mécanisme international chargé d’achever les derniers dossiers du Tribunal pénal international pour le Rwanda ont annoncé, vendredi 14 novembre, qu’ils refusaient le transfert de Félicien Kabuga vers le Rwanda. L’octogénaire, accusé d’avoir joué un rôle clé dans le génocide des Tutsis en 1994, a été jugé médicalement inapte à voyager en raison d’un état de santé gravement détérioré.
Arrêté en 2020 après plus de vingt ans de cavale, l’ex-homme d’affaires souffre aujourd’hui de démence avancée. Son procès avait été suspendu en septembre 2023, les experts ayant conclu qu’il n’était plus en mesure de participer valablement à sa défense.
Face à cette situation, les juges ont estimé que son transfert au Rwanda n’était pas envisageable. L’ONU est désormais chargée d’identifier un État prêt à accueillir le détenu, une mission qui s’avère complexe compte tenu de son profil et de la sensibilité du dossier.
Félicien Kabuga est considéré par les procureurs internationaux comme l’un des principaux financiers du génocide rwandais de 1994. Il était notamment accusé d’avoir soutenu logistiquement les milices extrémistes hutus. Arrêté en France en 2020, il avait été transféré dans un centre de détention onusien pour y être jugé. Sa dégradation physique et mentale pose depuis plus d’un an un défi juridique concernant la suite de la procédure et son lieu de résidence.
