Par Joël Onana
En France, selon le dernier baromètre santé, 92 % des femmes en âge de procréer et ne désirant pas d’enfants utilisent un moyen de contraception. Entre la pilule contraceptive, le stérilet hormonal ou celui en cuivre, les femmes sont fortement incitées à se tourner vers des contraceptifs.
Difficile d’en dire autant du côté des hommes, comme le résume Erwan Taverne, co-fondateur de l’association Gar Con, qui œuvre pour une meilleure répartition de la prise en charge de la contraception : « Quand les hommes ont la possibilité de choisir entre s’occuper de la contraception ou continuer de déléguer cette responsabilité à leur partenaire, ils délèguent »
Pourtant, les moyens de contraceptions masculines se développent : slips chauffants, anneaux, ou vasectomie. Mais ces innovations attirent peu, d’autant que, dans le cas de la vasectomie, il s’agit d’une opération de stérilisation irréversible. Alors si sur le papier, cette future pilule est intéressante, Erwan Taverne n’est pas certain qu’elle trouve des adeptes : « Des méthodes hormonales développées pour les femmes existent depuis longtemps, elles ont été largement rentabilisées. Développer une méthode pour les hommes nécessite de gros investissements, mais pour quel bénéfice supplémentaire ? Si c’est le même laboratoire qui développe les deux méthodes, il risque de perdre sa clientèle féminine et ce n’est pas sûr d’avoir un marché assuré. »
Est-ce que vous pourrez l’acheter en 2029 ? Erwan Taverne rappelle que les étapes avant que la pilule soit mise sur le marché sont encore nombreuses.
