Par Reagan Lebisano
La République démocratique du Congo a officiellement remis en marche le chantier du recensement national, un exercice qui n’a plus été réalisé depuis 1984. Avec une population estimée à plus de 100 millions d’habitants mais dépourvue de données précises et actualisées, le pays souffre depuis des décennies d’un déficit statistique majeur qui affecte la planification et les politiques publiques.
Pour la première fois depuis 2013, la Commission nationale du recensement s’est réunie sous la présidence de la Première ministre. Cette séance marque la volonté du gouvernement d’accélérer les préparatifs, conformément aux instructions du chef de l’État. Selon les autorités, le manque de données fiables sur la démographie et l’habitat constitue un obstacle au développement, à la gouvernance locale, à la distribution des ressources et à l’organisation des scrutins.
Les travaux en cours portent notamment sur la mobilisation des financements, la préparation logistique, la mise en place des équipes techniques et la sensibilisation du public. Le gouvernement affirme vouloir mener l’opération dans les plus brefs délais afin de doter le pays d’un socle statistique solide.
La Rdc n’a organisé qu’un seul recensement général depuis son indépendance, en 1984. Depuis, les estimations démographiques reposent sur des projections, entraînant des incertitudes majeures pour la planification nationale. Plusieurs tentatives de relance du processus ont échoué en raison de contraintes financières, logistiques ou politiques. La réunion de la Commission nationale du recensement en 2025 constitue une étape importante pour la mise en œuvre du deuxième recensement général, attendu depuis plus d’une décennie.
