Par Arlette Akoumou Nga
C’est du moins ce qu’ont dit de hauts fonctionnaires du ministère des Finances du Canada lors d’une séance d’information technique sur les tarifs imposés aux États-Unis, dimanche. L’ancienne ministre des Finances Chrystia Freeland avait évoqué, vendredi, une tarification de 100 % sur les véhicules Tesla pour toucher l’allié important de Donald Trump. C’est toutefois plus facile à dire qu’à faire.
Les hauts fonctionnaires canadiens mentionnent qu’il est possible de cibler une catégorie de produits, comme on fait présentement avec les véhicules électriques chinois, mais pas une marque en particulier.
Donc, pour s’attaquer à Tesla, des tarifs douaniers devraient être imposés sur tous les véhicules électriques venant des États-Unis. Ce que le gouvernement canadien prévoit d’ailleurs faire dans trois semaines, si la guerre commerciale se poursuit.
La seule façon pour l’État d’isoler Tesla à travers les droits de douane est d’effectuer des remises — par exemple le remboursement des tarifs payés — sur tous les autres modèles de voiture électrique importés de nos voisins du sud. Cette option n’est pas encore envisagée par les autorités canadiennes.

Une contre-attaque planifiée
Bien que les entreprises d’Elon Musk ne peuvent être directement visées par les tarifs douaniers, le gouvernement canadien s’est efforcé de cibler des biens de consommation produits dans des États où se trouvent des voix républicaines influentes.
Le ministère des Finances a indiqué que la Floride était dans sa mire, en imposant des tarifs de 25 % sur le jus d’orange ainsi que sur des fruits et légumes. Les États de la Caroline du Sud, l’Ohio et la Pennsylvanie étaient également visés, notamment par la tarification des électroménagers, du café et des motocyclettes. Le Canada espère que les joueurs importants de ces États et ces industries — comme les politiciens, les gens d’affaires et les lobbys — feront pression sur Trump pour qu’il revienne sur sa décision et abolisse les droits de douane de 25 %.
Un revenu encore indéterminé
Un peu plus de 7000 articles des États-Unis seront dans la liste de représailles canadienne. Ces mesures tarifaires apporteront de l’argent dans les coffres du gouvernement du Canada. Les hauts fonctionnaires du ministère des Finances ont mentionné qu’une partie des fonds serait dédiée à l’aide aux entreprises.
Par contre, ils ne veulent pas s’avancer sur le montant qui pourrait être récolté par l’État. Ils ont même refusé de nous donner un approximatif des revenus anticipés.
