Par Ashton Glen
Un juge fédéral de l’État de Alabama a entendu en mai 2026 les arguments présentés dans le cadre d’une plainte déposée par Leonardo Garcia Venegas contre le Department of Homeland Security. Résidant dans le comté de Baldwin et spécialisé dans les fondations en béton, Venegas affirme avoir été arrêté à trois reprises par des agents fédéraux de l’immigration malgré la présentation de documents d’identité américains valides. Selon la plainte soutenue par l’Institute for Justice, les deux premières interpellations remontent à mai 2025 sur des chantiers de construction en Alabama. Lors du premier incident, des agents armés vêtus de tenues camouflage l’auraient maintenu menotté pendant plus d’une heure. Deux semaines plus tard, il aurait de nouveau été arrêté sur un autre site, des agents qualifiant cette fois sa carte REAL ID de « fausse ».
Dans un nouveau mémoire déposé en mai 2026, Venegas affirme avoir subi une troisième arrestation quelques jours auparavant. Selon son récit, des agents fédéraux l’auraient suivi depuis une supérette jusqu’à son domicile avant de le sortir violemment de son véhicule, de le plaquer au sol puis de lui attacher les bras et les jambes. La procédure judiciaire prend la forme d’un recours collectif contestant certaines pratiques du DHS, notamment les descentes sans mandat et les arrestations fondées sur des critères raciaux ou ethniques. Les avocats du plaignant affirment avoir recensé au moins dix-neuf cas similaires impliquant des citoyens américains ou des résidents légaux détenus lors d’opérations migratoires.
Le DHS demande le rejet de la plainte. Les autorités soutiennent que les citoyens américains ne sont arrêtés que lorsqu’ils « entravent ou agressent les forces de l’ordre ». Dans le cas de Venegas, l’administration affirme qu’il aurait interféré physiquement dans l’arrestation d’un autre individu. Ses avocats rejettent cette version et affirment que des vidéos contredisent les déclarations fédérales.
L’affaire s’inscrit dans une série croissante de poursuites visant les méthodes des services fédéraux de l’immigration.
En Los Angeles, l’étudiant diplômé Job Garcia réclame un million de dollars après avoir été détenu plus de vingt-quatre heures pour avoir filmé une opération migratoire. En California, le vétéran de l’armée américaine George Retes accuse les autorités fédérales de l’avoir aspergé de gaz lacrymogène puis détenu pendant trois jours sans inculpation ni accès à un avocat. Dans l’État du Maine, Juan Sebastian Carvajal Munoz poursuit quatre agents fédéraux après une arrestation violente qu’il qualifie de profilage racial lors de l’opération « Operation Catch the Day ».
Depuis plusieurs années, les organisations de défense des libertés civiles dénoncent l’élargissement des pouvoirs opérationnels des agences fédérales de l’immigration aux États-Unis. Plusieurs recours judiciaires accusent les autorités d’utiliser des contrôles ciblant prioritairement les populations hispaniques, même lorsque les personnes concernées disposent de documents attestant de leur citoyenneté américaine ou de leur résidence légale.
