Par Adam Newman
Les démocrates soulignent que la Constitution américaine interdit aux dirigeants d’accepter des cadeaux de “la part d’un roi ou d’un prince d’un État étranger” sans l’approbation du Congrès. Le sénateur Chris Murphy qualifie l’opération de “largement illégale”. La représentante Kelly Morrison parle de “corruption à la vue de tous”.
Chuck Schumer (chef de la minorité démocrate au Sénat) ironise : Rien ne décrit mieux ‘America First’ qu’un Air Force One offert par le Qatar.
Des groupes comme Public Citizen et Citizens for Responsibility and Ethics dénoncent un risque de marchandage politique, notamment après l’annonce d’un projet de golf de Trump au Qatar. Toutefois la Maison Blanche affirme que l’avion est un don à l’US Air Force, pas à Trump personnellement, et qu’aucune contrepartie n’est exigée. Trump a défendu l’offre comme une solution temporaire pour remplacer les vieux Boeing 747-200B (en service depuis 1990), dont les coûts de maintenance sont élevés. Il a critiqué le Boeing pour ses retards dans la livraison des nouveaux Air Force One.
Si la majorité reste silencieuse, certains s’interrogent discrètement sur l’opportunité politique de ce cadeau, selon le New York Times. Aucune condamnation ferme n’émerge, mais des doutes sont exprimés sur la décence de l’opération. L’ambassade du Qatar aux États-Unis précise qu’aucune décision n’est encore prise et que les discussions se poursuivent entre les ministères de la Défense des deux pays. L’affaire cristallise les tensions entre une administration Trump revendiquant un pragmatisme économique et des opposants dénonçant un détournement des règles éthique. La polémique pourrait s’amplifier si l’avion est effectivement transféré à la fondation Trump après son mandat, comme le suggèrent certains médias.
