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EXCLUSIF > France | Affaire Sarkozy-Kadhafi de A à Z: Aux origines d’un dossier explosif

Panorama Papers revient en exclusivité dans une serie de 120 articles à ne rater sous aucun prétexte. Le jugement du tribunal correctionnel de Paris sur les premières pierres d’une affaire hors norme : celle des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007.

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Par Ilyass Chirac Poumie

Du régime autocratique de Kadhafi aux premiers indices financiers en France, le document trace les contours d’une enquête tentaculaire. Le procès Sarkozy-Kadhafi s’ouvre sur des précisions techniques, presque anodines: uniformiser l’orthographe des noms des prévenus, venus de Libye, de Malaisie ou de France.

Mais derrière ces détails se cache un dossier hors norme, où se croisent anciens ministres, intermédiaires financiers et dignitaires du régime de Mouammar Kadhafi. Le document du tribunal rappelle d’abord le contexte libyen.

Arrivé au pouvoir en 1969, Kadhafi installe un régime autoritaire, longtemps isolé à cause de ses liens avec le terrorisme international.

À partir de 1999, la Libye cherche sa réhabilitation, multiplie les gestes d’ouverture et resserre ses relations diplomatiques avec la France. Jacques Chirac visite Tripoli en 2004, Nicolas Sarkozy s’y rend à deux reprises, et Kadhafi est accueilli à Paris en 2007. Mais derrière la façade officielle, les finances libyennes demeurent opaques et largement contrôlées par le clan Kadhafi.

Déclenchement

C’est dans ce contexte que, fin 2012, éclatent les premières révélations après l’assassinat du Président Khadafi par Nicolas Sarkozy.

L’intermédiaire Ziad Takieddine affirme détenir des preuves de versements libyens supérieurs à 50 millions d’euros pour la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Il accuse Claude Guéant et Brice Hortefeux d’avoir joué un rôle actif dans ces transactions.

Dès janvier 2013, les enquêteurs découvrent un virement suspect de 500 000 euros perçu par Guéant, officiellement justifié par la vente de toiles, mais transitant par un mystérieux cabinet malaisien.

Affaire tentaculaire

Ces éléments entraînent l’ouverture, en avril 2013, d’une information judiciaire pour corruption, financement illicite de campagne et blanchiment. L’instruction, élargie à plusieurs reprises, mobilise l’Office anticorruption et multiplie les commissions rogatoires internationales. Dès lors, l’affaire Sarkozy-Kadhafi prend une ampleur tentaculaire, mêlant argent, diplomatie et politique au plus haut niveau.

L’affaire du « financement libyen » éclate publiquement en 2012, après la publication par Mediapart d’un document attribué aux services libyens évoquant un soutien financier à Nicolas Sarkozy.

Depuis, plus d’une décennie d’enquêtes a mis au jour des flux financiers suspects, des témoignages d’anciens dignitaires libyens et des documents controversés. Nicolas Sarkozy a toujours nié les faits et dénoncé un « complot ». Le procès, ouvert en 2025, est le premier en France visant un ancien président pour financement étranger de campagne électorale.

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